Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, loyales à Alassane Ouattara) ont engagé une nouvelle fois le combat mercredi contre les forces du "commando invisible", qui se battaient il y a peu contre Laurent Gbagbo à Abidjan. La veille, son chef Ibrahim Coulibaly s'était pourtant dit prêt à déposer les armes.
Mis à jour à 18h52.
Les promesses de désarmement du « commando invisible » n’y auront rien changé. Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ont décidé d'attaquer une nouvelle fois les positions d’Ibrahim Coulibaly (dit « IB ») au nord d'Abidjan. Mercredi matin, selon des témoins, une offensive d’envergure a été lancée contre lui dans le quartier PK18, à Abobo, où des dizaines de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes ont convergé.
« Depuis ce matin, nos positions sont attaquées de toutes parts. Pour le moment, nos forces résistent et en temps opportun nous allons lancer une contre-offensive. Je suis en lieu sûr et je coordonne l'opération », a déclaré Ibrahim Coulibaly. Mais selon des journalistes de l'AFP sur place, les forces gouvernementales progressaient sans rencontrer de réelle résistance.
Attaque surprise
Hier, l'adjoint d'IB, Félix Anoblé, avait pourtant affirmé que l’ordre avait été donné à ses troupes de déposer les armes, comme l’exigeait fermement Guillaume Soro, le chef du gouvernement et ministre de la Défense du président Alassane Ouattara. Ce dernier menaçait il y a peu de désarmer « par la force » les groupes qui ne se soumettraient pas à son autorité.
« On avait ordonné hier [mardi] à nos hommes là-bas de déposer les armes, comme l'avait demandé le chef de l'État. Ils avaient commencé à le faire et à ma grande surprise on est attaqué », a déclaré mercredi matin Félix Anoblé.
Un soldat de FRCI avec son arme le 26 avril 2011 dans le quartier de Yopougon à Abidjan.
© AFP
Poche de résistance
Après des échanges soutenus à l'arme lourde dans la matinée, les tirs se faisaient plus sporadiques avant de reprendre vers 12 heures (locales et GMT). « Il reste une poche de résistance qu'on va tenter de réduire », a déclaré le général Michel Gueu, des FRCI. Les FRCI ont entamé un ratissage, fouillant les maisons et invitant les partisans d'Ibrahim Coulibaly à déposer les armes. « Dites à vos enfants, à vos frères, qu'IB, c'est fini. La vie doit reprendre son cours normal », a expliqué à la population près de la zone des combats le commandant FRCI Cherif Ousmane.
Avant même la grande offensive des FRCI en direction d’Abidjan, déclenchée fin mars, le « commando invisible » avait mené dès le mois de janvier une insurrection armée contre les forces de Laurent Gbagbo à Abidjan, en harcelant ses troupes et en minant leur moral. Conséquence : il a très vite revendiqué sa contribution à la chute du président ivoirien sortant.
Mais c'était compter sans Guillaume Soro, qui s'était emparé, après le putsch raté de 2002, du leadership de la rébellion des Forces nouvelles - au détriment d'IB. C'est le deuxième affrontement entre les deux forces en moins d'une semaine. (avec AFP)

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