18/04/2011 à 16h:45 Par Jeune Afrique
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Goodluck Jonathan, le président sortant par intérim, en passe d'être élu. Goodluck Jonathan, le président sortant par intérim, en passe d'être élu. © AFP

Selon les résultats officiels partiels de l'élection présidentielle du Nigeria, le président sortant Goodluck Jonathan ne peut être rattrapé par son principal rival, Muhammadu Buhari. Et dans le nord du pays, acquis à la cause de l’opposant, les affrontements se multiplient.

Élection en vue pour le président sortant. D'après le décompte de la Commission électorale, Goodluck Jonathan, chrétien du Sud du pays, a obtenu plus de 21 millions de voix contre environ 9 millions pour son rival, Muhammadu Buhari, originaire du Nord à majorité musulmane. Selon des résultats officiels partiels portant désormais sur 31 des 36 États de la Fédération plus la capitale Abuja, le président sortant, candidat du parti démocratique du Peuple (PDP), disposait lundi d'une avance telle - il a déjà gagné dans 22 États - qu'il est assuré de remporter l'élection présidentielle.

Selon la Constitution, le candidat qui a le plus de voix doit également, pour l'emporter, obtenir au moins un quart des voix dans au moins deux-tiers des 36 États, soit 24 États, ce qui est déjà le cas. Mais alors que le dépouillement se poursuit, des émeutes se sont étendues à plusieurs villes de la moitié nord du Nigeria, notamment à la principale d’entre elle, Kano, après des accusations de fraudes électorales. Des affrontements avaient déjà eu lieu durant le week-end à Jada, Mubi dans l’État d’Adamawa, mais aussi à Azare, à Misau (État de Bauchi) et Jalingo (Etat de Taraba).

Des chrétiens pris à partie

À Kano, de jeunes manifestants ont arrêté des voitures pour demander aux conducteurs d'exprimer leur soutien à Muhammadu Buhari, ancien chef de la junte militaire en 1984-1985. La foule s'en est aussi pris à deux personnes identifiées comme des chrétiens à cause de leurs vêtements, en les frappant à l'aide de bâtons.

De jeunes Nigérians affrontent l'armée à Kano le 18 avril 2010.

© AFP

Des émeutes ont également éclaté dans des circonscriptions des États de Kaduna (centre-nord) et Sokoto (nord-ouest) et des bâtiments ont été brûlés dans les États de Bauchi et Gombe (centre-nord). À Kaduna, des maisons de responsables politiques ont été attaquées dans la nuit de dimanche à lundi et on pouvait entendre des coups de feu, ont indiqué des habitants.

« Les forces de l'ordre ont été déployées à Sokoto pour contenir des jeunes en colère qui font exploser des gros pétards dans les rues », a déclaré un porte-parole de la police locale, Al-Mustapha Sani. Pourtant, dans l'ensemble, le scrutin présidentiel de samedi a été jugé calme et plus transparent que les précédents par les observateurs. Mais les résultats proches de 100 % dans certains États du Sud en faveur de Goodluck Jonathan font douter certains analystes de la crédibilité de l'élection. (avec AFP)

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