11/04/2011 à 08h:55 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Incendie sur la base navale contrôlée par les forces de Gbagbo, le 10 avril 2001 à Abidjan. Incendie sur la base navale contrôlée par les forces de Gbagbo, le 10 avril 2001 à Abidjan. © AFP

N'arrivant pas à maintenir le blocus autour de la résidence présidentielle à Abidjan où se terre Laurent Gbagbo, le camp Ouattara demande le secours de l'Onuci. Celle-ci, en compagnie de la force française Licorne, continue à bombarder l'armement lourd des militaires et mercenaires du président sortant.

Si la situation leur est favorable, elle n'est guère brillante pour les Forces républicaines (FRCI) d'Alassane Ouattara qui n'ont pas su maintenir, malgré leur supériorité numérique, le blocus autour de la résidence présidentielle où est réfugié Laurent Gbagbo. Les combattants de ce dernier contrôlent encore largement le Plateau et Cocody, où ils peuvent mener des attaques contre l'ambassade de France et contre le siège de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) – ce que le porte-parole de Gbagbo, Ahoua Don Mello, dément avec aplomb.

Le manque d'unité des FRCI qui ne se retrouvent pas toutes derrière Guillaume Soro, explique les succès de la résistance du président sortant, qui est allé jusqu'à faire bombarder le Golf Hôtel. D'où la demande du camp Ouattara à l'ONU de l'aider à mettre hors d'état de nuire les hommes de Gbagbo et de livrer celui-ci à la justice internationale. Du coup, l'Onuci et la force française Licorne ont poursuivi leurs frappes dimanche et dans la nuit près de la résidence et du palais présidentiels. Réaction immédiate de Don Mello, alors qu'une manifestation de soutien à Gbagbo réunissait 1 300 personnes à Paris : « la France n'a pas d'autre objectif » que « d'assassiner » le président sortant, « tout le reste n'est que prétexte ».

Neutraliser les armes lourdes

Peu après minuit, une nouvelle série de frappes aux missiles a été déclenchée. Cible principale : la résidence du président. Explication d'Alassane Outtara : dans un communiqué publié dans la nuit, il annonce avoir demandé « le jour même au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon la "neutralisation" des armes lourdes de son adversaire, conformément à la résolution 1975 » de l'ONU.

En fin de journée, deux missiles avaient déjà été tirés dans le secteur de la résidence présidentielle vers 18h45 (heure locale et GMT), a rapporté un habitant. Ce à quoi ont répondu des tirs nourris de mitrailleuses lourdes, selon la même source. Peu avant, les hélicoptères de l'Onuci et de la force Licorne avaient également tiré « plusieurs missiles sur des véhicules blindés situés à l'extérieur de la résidence de Laurent Gbgabo » dans le quartier de Cocody (nord), a indiqué une source proche de l'opération. Un habitant de Cocody a confirmé avoir vu « un hélicoptère français tirer quatre missiles dans le secteur de la résidence », peu avant 17h00.

Le porte-parole de l'Onuci, Hamadoun Touré, n'a pas donné beaucoup plus de détail. « On a repris l'opération consistant à neutraliser les armes lourdes partout où elles se trouvent. L'Onuci et Licorne ont entrepris de viser des cibles en plusieurs endroits, notamment aux abords du palais présidentiel et dans les environs de la résidence présidentielle », a-t-il déclaré, précisant que des « camps où les exercices de reconnaissance ont permis d'identifier des armes lourdes » avaient aussi été touchés.


Carte d’Abidjan situant les combats (situation dimanche 10/04 à 18h00 GMT).
© AFP

Ban Ki-moon réagit

« Au cours des trois, quatre derniers jours, on a constaté une utilisation de ces armes lourdes contre les populations civiles et les Casques bleus. Les tirs contre le siège de l'Onuci ont continué, d'où la nécessité de réagir pour protéger les populations civiles conformément à notre mandat », a-t-il ajouté.

À New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a également insisté sur la responsabilité du camp Gbagbo. « La poursuite de l'utilisation d'armes lourdes contre les populations civiles et les Casques bleus, ainsi que les attaques contre le quartier général du gouvernement légitime, m'ont poussé, une fois de plus, à ordonner à l'Onuci d'utiliser tous les moyens nécessaires pour empêcher l'utilisation des ces armes », a-t-il simplement dit.

Le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a démenti toutes les attaques émanant des combattants anti-Ouattara. Objectif : dénoncer les frappes aériennes, en leur déniant toute légitimité internationale. Et mettre, toujours et encore, le projecteur sur la France qui, selon lui, « cherchait des prétextes pour réattaquer ».

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, s'est entretenu samedi à Abidjan de la crise au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de l'organisation régionale[...]

Côte d'Ivoire : la défense de Gbagbo conteste la compétence de la CPI

La défense de Laurent Gbagbo a contesté la compétence de la CPI pour juger l’ancien président de la Côte d’Ivoire.[...]

Côte d'Ivoire : toute l'enquête sur le nouveau scandale des déchets toxiques

En 2006, l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan avait failli emporter le gouvernement. Six ans plus tard, trois personnalités sont montrées du doigt. Elles sont[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Côte d'Ivoire : Michel Gbagbo, fils du président déchu, est un "prisonnier d'opinion" selon sa mère

Le fils de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, Michel Gbabgo, est un "prisonnier d’opinion", selon sa mère, la Française Jacqueline Chamois. Celle-ci demande "un rapatriement[...]

Côte d'Ivoire : le scandale des déchets toxiques emporte le ministre Adama Bictogo

Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo, a été limogé mardi 22 mai. Son départ du gouvernement fait suite au nouveau scandale des déchets toxiques. [...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

Côte d'Ivoire : déchets toxiques, le nouveau scandale

Dans son numéro 2680, en kiosque du 20 au 26 mai 2012, "Jeune Afrique" enquête sur les suites de l’affaire Trafigura, du nom de la société néerlandaise affréteuse[...]

Guinée-Bissau : petit pays, grandes manoeuvres

La Cedeao, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, goûtait peu la percée angolaise dans la région. Elle pourrait finir par s'accommoder du putsch du 12 avril  en[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers