07/04/2011 à 08h:48 Par Jeune Afrique
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Un hélicoptère de la force française Licorne, dans le ciel d'Abidjan. Un hélicoptère de la force française Licorne, dans le ciel d'Abidjan. © AFP

La force française Licorne a mené de nouveaux raids aériens contre la résidence présidentielle où se terre Laurent Gbagbo, à Abidjan mercredi soir. L’armée française affirme qu’elle ripostait aux "tirs nourris des forces pro-Gbagbo, situées dans et autour de la résidence présidentielle", voisine du domicile de l’ambassadeur de France. Les forces pro-Gbagbo sont épaulées par des soldats d’élite envoyés par l’Angola.

Alors que le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo continue de résister, les affrontements entre ses hommes et la force française Licorne deviennent de plus en plus directs. Mercredi soir, de nouveaux raids d’hélicoptères français ont été menés contre la résidence présidentielle où se trouve Laurent Gbagbo.

L’armée française affirme avoir riposté aux « tirs nourris des forces pro-Gbagbo, situées dans et autour de la résidence présidentielle ». Ces tirs étaient « notamment dirigés » vers le domicile de l’ambassadeur de France à Abidjan, contigu à la résidence présidentielle, « avec des intrusions ».

Sauvetage de l’ambassadeur du Japon

Par ailleurs, Licorne est aussi intervenu à la résidence de l’ambassadeur du Japon (située dans le même quartier de Cocody) pour exfiltrer ce dernier. Mercredi soir, l’ambassadeur du Japon, Yoshifumi Okamura, avait révélé l’attaque de sa résidence par des « mercenaires [...] entrés dans la matinée dans [sa] résidence en tirant [avec des lance-roquettes] RPG ».

« Avec une douzaine de personnes nous nous sommes enfermés dans ma chambre, dont la porte est blindée », avait déclaré l’ambassadeur, affirmant que quatre membres du personnel de la résidence avaient disparu.

Selon l’armée française, « des miliciens pro-Gbagbo avaient installé des armes lourdes » sur les toits de cette résidence et menaçait « les ambassadeurs voisins et les populations civiles ». La Licorne serait intervenue à la demande de l’ONU et du Japon.

L'ambassadeur japonais et ses collaborateurs « sont désormais sains et saufs et en sécurité au camp [militaire français] de Port-Bouët », a indiqué la Licorne après l’opération.

Le bilan du raid français sur la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo (qu’une source diplomatique qualifie de « vraie poudrière ») est encore incertain. « Au moins un » blindé a été « neutralisé » par un tir de Licorne dans la caserne de la Garde républicaine, selon une source proche de l’opération. Les hélicoptères français auraient tiré une dizaine de fois selon un habitant de la zone.

Le département d’État américain, les diplomates indiens, israéliens et japonais en Côte d'Ivoire, et une vingtaine de journalistes ont sollicité l’aide de Washington pour quitter Abidjan.

« Ils nous demandent de l'aide et nous relayons leurs inquiétudes et leurs besoins à Licorne et à l'Onuci », a précisé William Fitzgerald, sous-secrétaire d'État adjoint chargé de l'Afrique.

Soldats angolais en soutien aux pro-Gbagbo

Ces combats intervenaient après l’échec d’une nouvelle offensive des soldats favorables au président élu Alassane Ouattara (les FRCI) pour déloger Laurent Gbagbo.

Les derniers fidèles de ce dernier, lourdement armés, avaient réussi à repousser cet assaut des FRCI en fin de matinée. Selon nos informations, les forces-pro Gbagbo sont épaulées par près d’une centaine de soldats de l’Unité de la garde présidentielle (UGP) angolaise.

Les soldats angolais sont détachés à la présidence ivoirienne sous le commandement du colonel Vitor Manena. Des instructeurs du président angolais José Éduardo dos Santos avaient formé aux techniques de guérilla urbaine, à Abidjan et Luanda, la Garde républicaine ivoirienne de Bruno Dogbo Blé et ceux du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR) de Ahouman Brouha Nathanael.

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