Le chef d’état-major de l’armée ivoirienne Philippe Mangou s’est réfugié à l’ambassade de l’Afrique du Sud à Abidjan mercredi soir. Si elle décidait de combattre face aux Forces républicaines (pro-Ouattara) l’armée ivoirienne encore loyale à Laurent Gbagbo devrait le faire sans son chef.
Les forces pro-Gbagbo viennent de perdre leur chef d’état-major, le général Philippe Mangou. Il s’est réfugié mercredi soir à la résidence de l’ambassadrice sud-africaine à Abidjan. Le ministère sud-africain des Affaires étrangères l’a annoncé dans un communiqué.
Le comportement de ce dernier était observé à la loupe depuis le début de la crise. Le camp Ouattara a même pensé pouvoir obtenir son soutien.
Sa fidélité à Laurent Gbagbo paraissait scellée par les années passées à son service. Après le coup d’État manqué contre lui, en 2002, celui qui est alors est Lieutenant-colonel se porte volontaire pour conduire les troupes loyalistes au combat. Il sera envoyé alors au front à Yamoussoukro.
Il est aussi l’une des pièces maîtresses de l’opération Dignité, qui a conduit au bombardement d’un camp français à Bouaké, en novembre 2004. Pour quitter son poste, Philippe Mangou a donc dû juger que la situation militaire était désespérée alors que les Forces républicaines (FRCI, pro-Ouattara) ne cessent d’avancer vers Abidjan en rencontrant très peu de résistance.
Consultations
C’est à la résidence de l’ambassadrice sud-africaine à Abidjan, Zodwa Lallie, qu’il a choisi de fuir. L’Afrique du Sud avait longtemps adopté une neutralité bienveillante à l’égard de Laurent Gbagbo sur la crise ivoirienne, plaidant pour un accord entre les deux rivaux. Pretoria s’était finalement rangé derrière la position de l’Union africaine, qui reconnaît Alassane Dramane Ouattara comme seul président légitime de Côte d’Ivoire.
Le président Jacob Zuma avait même conseillé à Laurent Gbagbo de se retirer.
Le choix de l’Afrique du Sud n’est donc pas sans risque pour Philippe Mangou. Le gouvernement sud-africain « a entamé des consultations à son sujet avec les parties compétentes en Côte d'Ivoire, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), l'Union africaine (UA) et les Nations unies », affirme Pretoria. Le fait d’avoir abandonné la partie avant le début d’intenses combats contre les FRCI jouera-t-il en sa faveur ? (avec AFP)

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