Après avoir abandonné mardi la ville de Ben Jawad, les rebelles libyens ont de nouveau reculé mercredi matin, laissant le contrôle du site pétrolier de Ras Lanouf aux forces loyalistes de Mouammar Kaddafi. Un revers pour les insurgés et leurs alliés occidentaux.
Carrefour stratégique, le terminal pétrolier de Ras Lanouf fait l’objet de toutes les convoitises. Tombé le 27 mars sous le contrôle de la rébellion, le site vient d’être repris mercredi en fin de matinée par les forces loyalistes du colonel Kaddafi. Un coup dur pour les insurgés, contraints d’abandonner leurs positions, et de se réfugier vers l’est en direction de Brega, ce port pétrolier, situé à 80 km à l’ouest d’Ajdabiya, qu’ils avaient conquis la semaine dernière.
Mardi déjà, l’avancée des rebelles avait été stoppée juste après Ben Jawad. Ce nouveau repli questionne directement l’aide internationale apportée aux insurgés. En dépit de la création d'un « groupe de contact » sur la Libye, les Occidentaux qui bombardent depuis près de deux semaines des cibles militaires divergent sur les moyens à engager pour faire chuter le régime de Mouammar Kaddafi.
Désaccords stratégiques
Pour hâter la chute du régime et mettre un terme au plus tôt à des opérations aériennes coûteuses en période de crise économique, Washington a ouvert la voie à une réflexion sur la nécessité ou non d'armer les rebelles, ce que réclament ces derniers. Reste à régler une question de droit international : la résolution 1970 de l'ONU interdit « la fourniture directe ou indirecte, la vente et le transfert d'armes ou de matériels connexes de tous types ». Même si la suivante, la 1973, prévoit « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les civils.
Une autre stratégie est avancée par l’Italie et l’Espagne qui préféreraient négocier un départ en exil du « Guide » libyen. D'autres brandissent la menace d’une comparution de Mouammar Kaddafi devant un Tribunal pénal international pour sa participation présumée à des crimes de guerre. Enfin, parmi les membres du « groupe de contact », l'Allemagne et la Turquie, sont opposées au recours à la force.
L’Otan, nouveau commandant de bord
Seule certitude dans ce flou diplomatique : le transfert jeudi de l’ensemble des missions militaires sous la responsabilité de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). La coalition des pays ayant ouvert le feu contre les troupes de Kaddafi devrait se fondre dans l'Alliance, quitte à bâtir des arrangements spécifiques pour les pays non-membres participant aux missions aériennes (Qatar, Émirats arabes unis). (Avec AFP)
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1.Moustafa Mauro - 03/04/2011 à 09h:04Si proteger la population ressemblait à armer les rebelles pour tuer la même population je pense comme toujours la politique nous ment. L[...] Lire