Extension Factory Builder
21/03/2011 à 12:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Façade du musée égyptien du Caire. Façade du musée égyptien du Caire. © AFP

Au lendemain de la révolution en Égypte, qui a vu l’énorme patrimoine culturel de ce pays exposé à des risques de pillage, l’Unesco a fait le bilan des quarante années d’existence de la Convention pour la lutte contre le trafic des biens culturels mise en place en 1970.

Alors que les vols au musée du Caire pendant les événements de la place Al-Tahrir ravivent le souvenir du saccage des musées de Bagdad en 2003, l’Unesco célébrait à Paris les quarante ans de la Convention pour la lutte contre le trafic illicite des biens culturels. Les 15 et 16 mars, experts, policiers et représentants des États ont fait le point sur un marché clandestin estimé à 4,3 milliards d’euros par an, le plus important après ceux des armes et de la drogue.

Contexte conflictuel et enjeu économique

Qualifiant les pillages et le trafic de « négation pure et simple des peuples et de leur histoire », Irina Bokova, la directrice générale de l’Unesco, a rappelé que moins de la moitié des 15 000 objets disparus à Bagdad ont été retrouvés. Moins dramatique, la situation en Égypte, en Tunisie, en Libye et au Yémen n’en reste pas moins alarmante. « À chaque fois qu’il y a conflit, il y a déperdition de patrimoine », a souligné l’Algérien Mounir Bouchenaki, directeur général du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM).

Retenu dans son pays pour des raisons sans doute politiques, Zahi Hawass, l’ancien ministre égyptien des Antiquités, a lancé « un appel solennel à la communauté internationale afin de retrouver les objets volés au musée du Caire », qui seraient au nombre de 63.

Logo de la Convention pour la lutte contre le trafic des biens culturels de 1970.

Logo de la Convention pour la lutte contre le trafic des biens culturels de 1970.

© Unesco

Si le manque de coordination entre les acteurs publics et privés du secteur ne facilite pas la recherche des œuvres dérobées, la grande préoccupation concerne les objets issus de fouilles sauvages, jamais répertoriés et donc difficilement identifiables. C’est le danger qui pèse aujourd’hui sur les sites d’Afrique du Nord privés de protection : à Guizeh, des familles spécialisées dans la fouille clandestine profitent ainsi de la situation pour exhumer le maximum d’objets.

Au-delà d’un contexte sécuritaire favorable aux pillages, l’enjeu économique est le véritable moteur du trafic : de la fouille à la vente finale, les prix peuvent être multipliés par mille. Le défi consiste à sensibiliser les populations locales à la sauvegarde de biens qui leur appartiennent. Devant le musée du Caire, la barrière humaine que les manifestants ont opposée aux pillards a été la meilleure preuve de la prise de conscience, par le peuple égyptien, de l’importance de son patrimoine.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Egypte

Coupe du monde de basket-ball : que peuvent faire les Africains ?

Coupe du monde de basket-ball : que peuvent faire les Africains ?

À partir du 30 août, trois équipes africaines participent à la Coupe du monde de basket-ball, en Espagne. Si les Américains sont favoris, et que les Espagnols espèrent également re[...]

Égypte : le Caire dément une quelconque implication militaire en Libye

L’Égypte a une nouvelle fois démenti toute implication directe dans les récents bombardements de positions de milices islamistes en Libye. Le pays répondait aux accusations formulées,[...]

Libye : l'Égypte met en garde contre les répercussions de la crise dans les pays voisins

Lors d'une réunion au Caire, lundi, l'Égypte a sonné le tocsin contre un possible débordement des violences qui touchent la Libye dans les pays voisins. Le ministre des Affaires étrangères[...]

État islamique : 5 pays arabes s'unissent pour lutter contre les jihadistes

L'Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte, les Émirats arabes unis et la Jordanie ont convenu dimanche de la nécessité de lutter contre les jihadistes de l'État islamique (EI).[...]

Égypte : 33 morts dans la collision de deux bus dans le sud

Trente-trois Egyptiens ont été tués et 41 personnes blessées, dont des étrangers, dans la collision vendredi de deux autocars près de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans[...]

Gaza : vers un accord a minima entre Israël et les Palestiniens ?

Israéliens et Palestiniens se sont mis d'accord lundi soir sur la prolongation de vingt-quatre heures du cessez-le-feu en vigueur à Gaza. Cette décision adoptée in extremis, peu avant l'expiration de la[...]

Égypte : trois morts dans des heurts en marge de manifestations pro-Morsi

Trois personnes ont péri vendredi en Égypte dans des heurts en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi, a affirmé un responsable de la sécurité, au[...]

Égypte : trois morts dans la répression de la commémoration des massacres de 2013

Au moins trois personnes ont été tuées jeudi au Caire en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi qui ont peiné à mobiliser à l'occasion du[...]

Fatma, survivante de Rabaa : "Il y avait du sang partout"

Il y a un an, les autorités égyptiennes dispersaient dans le sang deux sit-ins en soutien à Mohamed Morsi, sur les places Nahda et Rabaa. Une répression d’une rare violence que HRW a[...]

Sissi et le massacre de Rabaa al-Adawiya, le Tian'anmen égyptien

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, la tuerie de Rabaa al-Adawiya, perpétrée il y a tout juste un an contre des partisans des Frères musulmans, est[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex