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21/03/2011 à 07:55
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Des Marocains manifestent à Rabat, le 20 mars 2011. Des Marocains manifestent à Rabat, le 20 mars 2011. © AFP

Malgré les réformes politiques récemment annoncées par le roi Mohammed VI, ils étaient plusieurs milliers à manifester calmement un peu partout au Maroc ce dimanche 20 mars. Objectif : dénoncer les injustices sociales et économiques, le manque de liberté et réclamer une vraie "monarchie constitutionnelle".

« L'hiver est fini, Kadhafi aussi ! L'hiver est fini, Kadhafi aussi ! » Dimanche, c'était presque le temps des cerises dans les grandes villes du Maroc. Après le coup d'essai du 20 février, qui avait vu plusieurs dizaines de milliers de personnes défiler pour réclamer davantage de « justice », de « dignité » et d' « égalité », le printemps et son cortège d'espoirs démocratiques se sont invités à Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir, Fès, Tanger...

Certes, la marée humaine promise par les organisateurs et annoncée sur les réseaux sociaux n'a pas déferlé. Sur l'avenue Mohammed V de la capitale, ils étaient entre 6 000 et 10 000, peut-être le double à Casa. Manifestation pacifique dans son mot d'ordre, le rassemblement des « citoyens réformateurs » n'a donné lieu à aucun débordement. Le soleil qui baignait le centre-ville après une semaine de pluies diluviennes semblait avoir tempéré les humeurs. Un mois après les débordements notamment observés à Tanger, les slogans n'ont en revanche pas changé.

"L'oligarchie économique" dans le viseur

« Non à l'économie de rente ! », « la souveraineté au peuple », « tous citoyens, aucun sujet », « assez d'injustices et de passe-droits », « la démocratie n'est pas un luxe »... Les manifestants, dont plusieurs brandissaient fièrement le drapeau étoilé marocain ou le portrait du roi, avaient également la dent dure contre « l'oligarchie économique » qui détient la réalité des richesses du royaume en partenariat avec les grandes entreprises européennes et, surtout, françaises.

« Lydec dégage ! », pouvait-on lire sur des pancartes à Casablanca, en référence à la mainmise du groupe français Suez-Environnement sur l'assainissement et la distribution de l'eau dans la capitale économique du royaume. « Veolia = Verolia », scandaient des manifestants rbatis en référence à la position dominante de la multinationale française (ex-Générale des Eaux/Vivendi) sur la téléphonie, la distribution de l'électricité, de l'eau, et la gestion des déchets ou des transports (tramway) à Rabat, Tanger ou Tétouan. À Rabat, des banderoles hostiles au TGV vendu par le français Alstom (lequel doit relier Tanger à Casablanca en 2015), étaient également brandies.

La question de la diaspora

Les revendications évoquaient aussi le statut des femmes dans la société marocaine, le mépris des autorités centrales vis-à-vis des 3,5 millions de membres de la diaspora marocaine, l'urgente nécessité de la reconnaissance de l'identité berbère du royaume (qui fait partie des réformes annoncées par le roi le 9 mars), l'envie d'une « authentique monarchie parlementaire » ou les scandaleuses relations entre les agriculteurs et les centrales d'achat. Signe des temps, les médias audiovisuels privés comme publics ont rendu compte en temps réel de ce verdoyant inventaire à la Prévert.

Le reportage vidéo de la manifestation du 20 mars.

 

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