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11/03/2011 à 09:35
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Alassane Ouattara, le 10 mars 2011 à Addis-Abeba. Alassane Ouattara, le 10 mars 2011 à Addis-Abeba. © Simon Maina / AFP

Lors des réunions de l'UA qui se sont déroulées jeudi à Addis-Abeba, l'Union africaine (UA) a maintenu sa position sur la crise ivoirienne et réaffirmé la légitimité du président élu Alassane Ouattara. Les solutions politiques proposées par le panel de chefs d'État africains ont été vigoureusement rejetées par le camp Gbagbo.

Les « sept alliés » dont se prévalaient le camp Gbagbo n'ont visiblement pas amené l'Union africaine (UA) à se dédire. Lors d'une réunion jeudi à Addis-Abeba entre les parties de la crise ivoirienne et le membres du panel de chefs d'État, puis entre les membres de ce panel et ceux du Conseil de paix et de sécurité (CSP) de l'UA, celle-ci a réaffirmé sans ambiguïté la nette victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier.

« Le Conseil de paix et de sécurité [qui réunit 15 pays membres de l'UA, dont un peu moins d'une dizaine étaient représentés jeudi et vendredi à Addis-Abeba par leur président, NDLR] a entériné les recommandations du panel de haut niveau ainsi que la proposition d'une solution politique générale à la crise en Côte d'Ivoire », a déclaré vendredi matin le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.

Organisation de l'investiture de Ouattara

Le panel, composé de cinq chefs d'État africains (ceux de Mauritanie, d'Afrique du Sud, de Tanzanie, du Tchad et du Burkina Faso), a recommandé à l'UA de considérer Ouattara (présent à Addis-Abeba contrairement à Gbagbo resté à Abidjan) comme le président élu de Côte d'Ivoire et de demander au Conseil constitutionnel de ce pays, d'organiser son investiture. Ce qui est vraisemblablement impossible tant que Paul Yao N'Dré le présidera.

« Le groupe de haut niveau confirme mon élection par le peuple de Côte d'Ivoire, à une large majorité et avec une forte participation, comme président de la République de Côte d'Ivoire », s'est félicité Ouattara. « Et donc maintenant la question est définitivement résolue, Alassane Ouattara est bien le président de la République de Côte d'Ivoire », a-t-il affirmé. Ajoutant que le panel lui avait demandé « de faire preuve d'ouverture dans la formation de [son] gouvernement et de trouver une sortie honorable à monsieur Laurent Gbagbo », ce qu'il a accepté.

Le problème, c'est que ces propositions ont déjà été faites maintes fois à Laurent Gbagbo, qui ne veut rien entendre. « Nous avons estimé que c'est une proposition inacceptable », a déclaré le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan, qui représentait Gbagbo à Addis-Abeba. Le camp du président sortant se montre même particulièrement intransigeant. Le « principe même d'un partage du pouvoir » est « inacceptable », a réaffirmé jeudi Ahoua Don Mello, le porte-parole du gouvernement du président sortant.

Nouvelles négociations prévues

Face à ce blocage persistant, et alors que la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire menace de dégénérer en guerre civile – y compris selon les menaces à peine voilées du camp Gbagbo -, le Conseil de paix et de sécurité a également décidé « de réunir d'ici deux semaines sous les auspices de l'UA et de la Cedeao [Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest] des négociations entre les parties ivoiriennes pour mettre au point les modalités d'application des propositions » arrêtées par le panel. « Les mesures qui sont annoncées sont contraignantes, très rapidement, Laurent Gbagbo devra donc quitter les fonctions usurpées qu'il assume depuis le 28 novembre », a encore affirmé Ouattara.

Enfin, le CSP a demandé au président de la Commission de l'UA Jean Ping de nommer « un haut représentant pour la mise en œuvre de la solution globale » retenue pour la Côte d'Ivoire. L'urgence d'une résolution rapide de la crise se fait de plus en plus sentir. Dans la soirée, des tirs « à l'arme lourde » ont été entendus à Tiébissou, ville proche de la capitale politique ivoirienne Yamoussoukro, située à la lisière de la zone Sud sous contrôle du président sortant Laurent Gbagbo et du Nord ex-rebelle, ont rapporté des habitants.

Le président élu Alassane Ouattara a rencontré le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et annoncé une visite au Nigéria pour rencontrer le président Goodluck Jonathan, partisan de la manière forte face à Laurent Gbagbo.

« Je passerai quelques jours à Abuja, avant de revenir à l'hôtel du Golf », a affirmé Alassane Ouattara, qui ne donne visiblement pas de crédit aux velléités du camp Gbagbo de l’empêcher d’y retourner. (Avec AFP)

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