10/03/2011 à 09h:11 Par Jeune Afrique
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Mohammed VI à la télévision marocaine, le 30 juillet 2010. Mohammed VI à la télévision marocaine, le 30 juillet 2010. © AFP

Renforcement du Premier ministre, "élargissement" des libertés individuelles, reconnaissance de la composante amazighe du Maroc... Le roi Mohammed VI a annoncé mercredi d'importantes réformes constitutionnelles et démocratiques.

Dans son discours à la nation prononcé mercredi soir, le premier depuis les manifestations du 20 février, le roi Mohammed VI a annoncé des changements politiques d'envergure au Maroc. « Nous avons décidé d'entreprendre une réforme constitutionnelle globale », a déclaré le souverain, soulignant son « engagement ferme de donner une forte impulsion à la dynamique réformatrice profonde [...] en cours ».

La réforme constitutionnelle annoncée par le roi doit être soumise à « un référendum populaire » dont la date n'est pas fixée. Elle comporte plusieurs points, dont les trois principaux sont la reconnaissance constitutionnelle de la composante berbère « amazighe », le « renforcement du statut du Premier ministre » et « la volonté d'ériger la justice en pouvoir indépendant ».

Pleine responsabilité du Premier ministre

L'article 65 de l'actuelle Constitution marocaine indique que le Premier ministre, nommé par le roi, « assume la responsabilité de la coordination des activités ministérielles ». Avec la réforme le chef du gouvernement devrait être bientôt nommé au sein du « parti politique arrivé en tête des élections de la première Chambre du parlement marocain », ce qui limitera le choix du souverain.

« En tant que chef d'un pouvoir exécutif effectif », le Premier ministre sera « pleinement responsable du gouvernement, de l'administration publique [...] et de la mise en œuvre du programme gouvernemental », selon Mohammed VI.

« La consolidation de l'État de droit [...], l'élargissement du champ des libertés individuelles et collectives [...] ainsi que le renforcement du système des droits de l'homme dans toutes leurs dimensions » figureront également dans la prochaine réforme constitutionnelle, a précisé le roi. Il a en outre « décidé d'inscrire » le processus de régionalisation dans le royaume, « avec en tête les provinces du Sahara marocain [Sahara occidental, NDLR] ».

Pour la « révision de la constitution », Mohammed VI a également annoncé la prochaine formation d'une commission ad hoc, dont la présidence sera confiée au constitutionnaliste marocain Abdeltif Menouni qui devra présenter au roi, d'ici juin, ses propositions.

"Monarchie équilibrée"

« C'est une rupture avec un passé pointé du doigt par tout le monde. Le roi répond aux demandes de bon nombre de Marocains qui n'ont jamais cessé de revendiquer des réformes institutionnelles et politiques », souligne le politologue Mohamed Darif. « Ce discours rompt avec la monarchie exécutive. Il n'instaure pas une monarchie parlementaire, mais il prévoit une monarchie équilibrée avec un partage du pouvoir entre le roi et un gouvernement issu du Parlement », ajoute-t-il.

« On est presque surpris. Sa Majesté a été très fort, il a répondu positivement aux demandes des partis et de la jeunesse », a déclaré de son côté Abdelilah Benkirane, le secrétaire général de la formation islamiste, le Parti de la justice et du développement (PJD, opposition parlementaire). « Le PJD est satisfait. Cette évolution ressemble plus à une révolution et les parties concernées sont appelées à travailler sérieusement pour concrétiser le contenu de ce discours », a-t-il ajouté. (Avec AFP)

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