Le Français Jean-Paul Rabier n’est plus le sélectionneur de Madagascar depuis le 7 février dernier. Officiellement pour insuffisance de résultats. Mais selon l’intéressé, les raisons sont politico-financières… Explications.
La Fédération Malgache de Football (FMF) n’a rien inventé. Dans un communiqué lapidaire, elle a utilisé l'explication classique pour remercier son entraîneur : Jean-Paul Rabier (56 ans) ne serait plus sélectionneur des Barea à compter du 7 février en raison de ses mauvais résultats. Point.
Mais Rabier, qui a été remplacé par le Malgache Maurice Mosa, conteste la version officielle, n'ayant disputé que deux matchs éliminatoires pour la CAN. « Nous avons perdu nos deux premiers matchs. Au Nigeria (0-2) le 5 septembre, et contre l'Éthiopie (0-1) le 10 octobre. Vous admettrez tout de même qu’il est assez étonnant de se séparer d’un entraîneur presque quatre mois après une défaite ! » s'exclame-t-il.
« En fait, je crois que j’ai payé pour le conflit de personnes entre M. Ahmad, le président de la FMF, et le ministre des Sports (Virapin Ramamonjisoa, NDLR). L'État malgache, qui assumait mon salaire, m’a payé la dernière fois en septembre. On m’a dit récemment que les salaires d’octobre et de novembre, les seuls que je demande, ont été virés sur mon compte. J’attends… », ajoute-t-il.
"Tout était compliqué"
L’ancien sélectionneur du Burkina Faso (2002-2004), également passé par le MC Alger (décembre 2004-juin 2005), affirme même avoir proposé, face à une situation chaque jour un peu plus complexe, de mettre un terme à sa mission en octobre. « J’avais fait cette suggestion, mais on m’a dit que le président de la transition (Andry Rajoelina, NDLR) souhaitait que je continue. Plus tard, le ministère des Sports a affirmé que j’avais refusé d’occuper une maison qu’il me proposait, alors que je ne l’avais pas visitée et que j’avais dit à la FMF que j’acceptais de m’y installer. Tout était compliqué. C’est dommage, car il y a des joueurs intéressants à Madagascar. Le potentiel existe, à condition d’y consacrer du temps. Et les problèmes financiers semblent importants », ajoute Rabier, dont des effets personnels sont toujours bloqués dans l’hôtel qu’il occupait. « Le protocole que j’ai signé stipule que le fret est à la charge de mon ex employeur. » Mais à ce jour, Rabier attend toujours…

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