Des centaines de personnes ayant pris part au mouvement de révolte contre le régime d’Hosni Moubarak sont portées disparues. Des militants des droits de l’homme réclament une liste des personnes arrêtées par la police. Mais aussi par l’armée, désormais au pouvoir.
La liesse provoquée par la démission d’Hosni Moubarak est ternie pas de nombreuses disparitions encore non élucidées. Des centaines de personnes, qui avaient pris part aux manifestations contre le régime depuis fin janvier, n’ont toujours pas refait surface. La plupart d’entre elles auraient été arrêtées par la police ou l’armée.
« Il y a des centaines de personnes détenues, mais les informations sur leur nombre exact ne sont pas complètes [...]. L'armée en détenait », a précisé Gamal Eid, directeur du Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme. Cette ONG affirme dans un communiqué avoir reçu « des informations faisant état de disparitions de nombreux jeunes et citoyens ».
L’ONU définit la « disparition forcée » comme « l’arrestation, la détention, l'enlèvement [...] par des agents de l'État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'État, suivi [...] de la dissimulation du sort réservé à la personne ».
Pas de bilan chiffré
Gamal Eid a réclamé à l’armée la publication sans plus tarder d’une liste de prisonniers, « sur la base de la raison de leur arrestation ». « Cela pourrait prendre du temps, indique-t-il, mais cela n'excuse pas le fait de ne pas annoncer leurs noms et leurs lieux de détention. »
Le quotidien indépendant Al-Masry Al-Youm n’a pas attendu cette hypothétique liste pour publier la sienne. Elle recense les noms d’hommes et de femmes de 15 à 48 ans disparus entre le 25 janvier [premier jour de la mobilisation sociale en Égypte, NDLR] et le 9 février, soit deux jours avant qu’Hosni Moubarak ne quitte le pays sous la pression de la rue.
Des cyber-militants qui ont rencontré l’armée dimanche, ont affirmé qu’elle s’était engagée à retrouver toutes les personnes disparues. Mais selon Nassir Amin, avocat à la tête du Centre arabe pour l'indépendance de la justice, certains manifestants pourraient se trouver entre les mains de cette même armée.
Cela dit, un grand nombre ont été arrêtés par des policiers en civil alors qu'ils quittaient la place Al-Tahrir, point névralgique de la révolte au Caire durant ces semaines de mobilisation.
Les nouvelles autorités égyptiennes – à qui Hosni Moubarak a remis le pouvoir pour mener la période de transition – n’ont pas communiqué de bilan chiffré des personnes arrêtées pendant les manifestations. Selon des chiffres de l’ONU et de Human Rights Watch, près de 300 personnes ont été tuées pendant les affrontements. (Avec AFP)

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