Extension Factory Builder
13/02/2011 à 17:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le maréchal Tantaoui, ministre de la Défense, dirige le conseil suprême des forces armées. Le maréchal Tantaoui, ministre de la Défense, dirige le conseil suprême des forces armées. © AFP

L'armée a annoncé dans un communiqué ce dimanche 13 février une série de mesures dont la dissolution du Parlement et la suspension de la Constitution afin de la réviser. Elle réaffirme également sa volonté d'organiser des élections dans les six mois et indique qu'elle gouvernera d'ici là par décrets-lois.

Sous la pression populaire, l'armée égyptienne a satisfait ce dimanche deux des principales revendications des manifestants qui ont déjà obtenu, vendredi dernier, la démission d'Hosni Moubarak. Le Conseil suprême des forces armées, formé d'une vingtaine de généraux, a d'abord annoncé « la dissolution de l'Assemblée du peuple et de la Choura », les deux chambres d'un Parlement largement dominé par le Parti national démocrate (PND) de l'ancien chef de l'État. De fait, les élections législatives de novembre dernier, marquées par les fraudes et les violences, sont donc annulées.

Deuxième décision de l'armée, annoncée dans son « communiqué numéro 5 », lu à la télévision nationale : la « suspension de la Constitution », la création d'une commission pour élaborer des amendements et l'organisation d'un référendum pour les valider. Ce qui devrait répondre à l'un des principaux griefs de l'opposition : les conditions auxquelles sont soumises les candidatures, notamment pour l'élection présidentielle.

Verrouillage de la présidentielle

En 2007, plusieurs amendements constitutionnels avaient en effet verrouillé le scrutin présidentiel, chaque candidat devant être un haut cadre d’un parti politique existant depuis au moins cinq ans et détenant au moins 3 % de sièges au Parlement ou recueillant la signature de 250 élus. Des mesures qui visaient à écarter toute candidature des Frères musulmans, mouvement non reconnu, ou celles d'indépendants sans parti, comme le porte-parole de l'opposition Mohamed el-Baradei ou Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe. De même, un autre amendement avait supprimé le contrôle des élections par des juges, ouvrant ainsi la voie à des fraudes massives.

Le conseil militaire a par ailleurs confirmé qu'il prenait « en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu'à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République ». « Le chef du Conseil suprême des forces armées [le ministre de la Défense, le maréchal Mohammed Hussein Tantaoui, NDLR] le représentera auprès de toutes les parties à l'intérieur et à l'extérieur » d'ici là, ajoute-t-il.

Élections dans les six mois

« Le Conseil suprême des forces armées publiera des décrets à valeur de loi pendant la période transitionnelle » et « le gouvernement d'Ahmed Chafiq est chargé de continuer à travailler jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement ». Lequel aura pour objectif principal d'organiser « des élections pour les chambres haute et basse [du Parlement] et pour la présidence ».

« L'État s'engage à appliquer tous les traités et pactes internationaux dont il fait partie », réaffirme enfin le communiqué, conformément à ce que les militaires avaient annoncé la veille. Seul bémol toutefois, l'armée ne fait pour l'instant pas mention de sa promesse, faite vendredi, de mettre fin à l'état d'urgence en vigueur en Égypte tout au long des trois décennies de règne de Moubarak. (Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Egypte

Gaza : vers un accord a minima entre Israël et les Palestiniens ?

Gaza : vers un accord a minima entre Israël et les Palestiniens ?

Israéliens et Palestiniens se sont mis d'accord lundi soir sur la prolongation de vingt-quatre heures du cessez-le-feu en vigueur à Gaza. Cette décision adoptée in extremis, peu avant l'expiration de la[...]

Égypte : trois morts dans des heurts en marge de manifestations pro-Morsi

Trois personnes ont péri vendredi en Égypte dans des heurts en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi, a affirmé un responsable de la sécurité, au[...]

Égypte : trois morts dans la répression de la commémoration des massacres de 2013

Au moins trois personnes ont été tuées jeudi au Caire en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi qui ont peiné à mobiliser à l'occasion du[...]

Fatma, survivante de Rabaa : "Il y avait du sang partout"

Il y a un an, les autorités égyptiennes dispersaient dans le sang deux sit-ins en soutien à Mohamed Morsi, sur les places Nahda et Rabaa. Une répression d’une rare violence que HRW a[...]

Sissi et le massacre de Rabaa al-Adawiya, le Tian'anmen égyptien

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, la tuerie de Rabaa al-Adawiya, perpétrée il y a tout juste un an contre des partisans des Frères musulmans, est[...]

Gaza : prolongation de la trêve pendant cinq jours

Après de nouveaux raids aériens sur Gaza en riposte à des tirs de roquettes, l'Égypte a annoncé mercredi soir la prolongation pour une durée de cinq jours de la trêve entre[...]

Égypte : un an après, Sissi veut tourner la page des massacres d'août 2013

Le 14 août 2013, une répression terrible s’est abattue sur les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Un an après, le maréchal au pouvoir, Abdel Fattah al-Sissi, veut[...]

Répression des Frères musulmans : deux dirigeants de HRW interdits de séjour en Égypte

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a annoncé lundi que deux de ses directeurs ont été interdits d'entrer en Égypte où ils devaient présenter un rapport sur la sanglante répression[...]

DP World en pleine tourmente sur le continent

Alors qu'il aligne les bonnes performances à travers le monde, en Afrique, le troisième opérateur portuaire mondial collectionne les ennuis et les scandales. Le dernier en date, à Djibouti,[...]

L'Égypte finit d'éradiquer les Frères musulmans de la scène politique

L'Égypte a achevé samedi d'éradiquer les Frères musulmans de la scène politique en prononçant la dissolution de leur branche politique plus d'un an après que l'armée a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers