09/02/2011 à 10h:46 Par Jeune Afrique
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Wahel Ghonim, responsable du marketing de Google pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord Wahel Ghonim, responsable du marketing de Google pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord © AFP

Arrêté pour ses activités politiques présumées, le responsable du marketing de Google pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, Wael Ghonim, a vécu deux semaine d’enfer dans les geôles égyptiennes. Un sort qui pourrait arriver de plus en plus fréquemment aux cyberdissidents du monde entier.

Le vent de révolte qui souffle dans le monde arabe, et au Maghreb au particulier, a trouvé son inspiration dans les blogs militants du mouvement de protestation post-électoral iranien de 2009 - encore appelé "révolution verte" ou "révolution Twitter". De fait, chacun a pu se rendre de compte de l’importance d’internet pour la mobilisation en Tunisie ou en Égypte. Un vent de cyberévolution démocratique et pacifique dans laquelle des ingénieurs sont en première ligne.

La mésaventure qui est arrivée en Égypte à Wael Ghonim, responsable du marketing de Google pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, fera certainement réfléchir plus d’un cyberdissident dans le monde, alors que l’effet de surprise des mobilisations via internet commence peut-être à s’estomper - les dictatures fourbissant déjà leurs armes pour les neutraliser.

Contourner la censure sur le web

Relâché lundi au Caire, Wael Ghonim a assuré que les forces de l'ordre égyptiennes l'avaient maintenu les yeux bandés pendant deux semaines. Il a dit avoir été arrêté par trois hommes en civil dans une rue du Caire, puis emmené en voiture pour un interrogatoire.

Google avait fait savoir la semaine dernière être sans nouvelle de son employé depuis le 27 janvier, soit deux jours après le début des manifestations pour la démission du président Hosni Moubarak. Or, fin janvier, le géant informatique américain mettait en place un service téléphonique pour permettre aux Égyptiens de poster des messages sur Twitter, en contournant la censure sur le web.

Selon des défenseurs des droits de l'homme, Wael Ghonim fait partie des créateurs du groupe Facebook "Nous sommes tous des Khaled Saïd", formé en mémoire d'un militant qui aurait été battu à mort par la police à Alexandrie. Une affaire dans laquelle deux agents sont poursuivis.

"Ni un symbole ni un héros"

"Je ne suis ni un symbole ni un héros ni rien de ce genre, mais ce qu'on m'a infligé est un crime", s'est indigné l’intéressé, interrogé par la chaîne Dream TV, avant de répéter ses propos mardi place Tahrir, au Caire, sous les applaudissements de la foule. "Si vous voulez m'arrêter, c'est votre droit. Mais il y a des lois et je ne suis ni un terroriste ni un trafiquant de drogue. Il faut renverser ce système fondé sur l'absence de liberté d'expression", a-t-il ajouté.

Wael Ghonim a en outre raconté ce que le nouveau ministre de l'Intérieur, Mahmoud Wagdy, lui avait confié pendant sa détention. "Le ministre a dit: 'Je ne suis ministre que depuis sept jours. Vous avez obtenu des avancées et personne ne s'y attendait. Comment y êtes vous parvenus ? Nous tous, au sein du Parti, au sein du système, avons été stupéfaits, pris par surprise. Nous ne pouvions pas comprendre ce qui se passait. Maintenant, c'est terminé'", a-t-il rapporté. Une leçon sur la force de frappe de la cyberdissidence que les dictatures du monde entier ne manqueront sans doute pas de mettre à profit… (Avec agences)

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