Une délégation de sept personnes, dont cinq députés du parti présidentiel français, devait se rendre à Abidjan du 6 au 8 février. Au menu, des rencontres étaient prévues avec les cadres du camp Gbagbo ainsi qu’avec le président sortant et, peut-être, une visite de courtoisie à l’hôtel du Golf pour rencontrer le président élu Alassane Ouattara. Mais le voyage a été annulé au dernier moment.
La Françafrique n’est jamais là où on l’attend… Une délégation de députés de l’Union pour un mouvement populaire (UMP, le parti du président français Nicolas Sarkozy), devait atterrir samedi matin à Abidjan pour une série de rencontres pendant trois jours avec le camp du président Gbagbo et ses ministres. Une demande avait été introduite par les mêmes députés tricolores auprès du président Alassane Ouattara mais ce dernier n'avait pas donné suite. Et, au dernier moment, le voyage a été annulé sans explication.
Pas moins de cinq députés UMP étaient attendus à Abidjan dès 6 heures 30 (locales et GMT), selon le communiqué du cam Gbagbo. Il s’agissait de Jean-François Mancel (Oise, ancien secrétaire général du RPR), Yves Jego (député-maire de Montreau-Fault Yonne, en Seine-et-Marne, et ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer), Cécile Dumoulin (élue à Mantes-la-Jolie), Yves Censi (Aveyron), et Jean-Michel Fourgous (Yvelines). Ceux-ci deavient être accompagnés d’un avocat, Emmanuel Caulier, qui est également vice-président de l’Université internationale de Brazzaville, et du journaliste François Mattei, l’ancien directeur de la rédaction de France Soir.
Etaient prévues au programme de nombreuses rencontres avec des personnalités du dispositif institutionnel et exécutif de Laurent Gbagbo, comme les présidents de l’Assemblée nationale (Mamadou Koulibaly) et du Conseil constitutionnel (Paul Yao N’Dré), certains membres de la Commission électorale indépendante, le porte-parole du gouvernement Gbagbo (Ahoua Don Mello), quelques ministres régaliens – Défense (Alain Dogou), Intérieur (Émile Guiriéoulou), Affaires étrangères (Alcide Djédjé).
Rencontre avec Blé Goudé
Les hôtes de Laurent Gbagbo devaient rencontrer ce dernier à deux reprises et avoir même en prime un entretien avec le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Charles Blé Goudé, patron des « patriotes », que la communauté internationale suspecte de recruter des miliciens anti-Ouattara.
Dans cet emploi du temps très chargé, il était prévu que la délégation française se rende à l’hôtel du Golf entre 16 et 18 heures le lundi, avant de se diriger une dernière fois vers le palais présidentiel. Ils devaient dans ce laps de temps essayer de rencontrer tout à la fois les patrons de l’Onuci, de la force française Licorne et - si possible - le président élu Alassane Ouattara.
Quelles étaient les motivations de ce voyage inopiné en Côte d'Ivoire, et les raisons de son annulation ? Initiatives personnelles, bloquées au dernier moment par l'Elysée ? Ballon d'essai lancé par Nicolas Sarkozy pour tâter le pouls de la situation ivoirienne, alors que les entrepreneurs hexagonaux demandent à l'Élysée de moins s'immiscer dans les affaires politiques ? Toutes les hypothèses sont envisagées pour l’instant, d'autant que l'ambassade de France à Abidjan a été informée très tardivement de cette visite. Peut-être est-ce elle qui a finalement obtenu son annulation...

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