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02/02/2011 à 09:15
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François Bozizé, le 23 janvier 2011, à Bangui. François Bozizé, le 23 janvier 2011, à Bangui. © AFP

Le président sortant François Bozizé a été réélu au premier tour de la présidentielle du 23 janvier. Mais ses opposants ont décidé de rejeter ces résultats, même provisoires.

C'est ce que François Bozizé visait ainsi que tout le monde, dans son entourage. Selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par la Commission électorale indépendante (CEI), le chef de l'État sortant a été réélu président de la Centrafrique dès le 1er tour le 23 janvier (un scrutin reporté depuis avril 2009) avec 66,08 % des suffrages (soit 607 184 voix). L'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, arrive à la deuxième place de l'élection avec 20,10 % des suffrages (soit 184 716 voix).

Suivent l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé 6,46 % (59 370 voix), l'économiste Émile Gros-Raymond Nakombo 4,64 % (42 591 voix) et l'ex-ministre de la Défense et représentant l'ex-rébellion de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie et le développement (APRD) Jean-Jacques Demafouth 2,72 % (24 980 voix). Le taux de participation est de 54,01 % : 1 825 735 personnes étaient inscrites, dont 986 030 ont voté, pour un total de suffrages exprimés de 919 841 selon la CEI.

"Victoire de la démocratie"

« C'est la victoire de la démocratie pour quelqu'un qui a pris le pouvoir par un coup d'État [en 2003] et qui l'a légitimé par les urnes en 2005 », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Fidèle Ngouandjika. « C'est la récompense d'un travail bien fait, le peuple l'a jugé et l'a sanctionné après cinq ans de pouvoir », a poursuivi Ngouandjika, également directeur adjoint de la campagne du chef de l'État centrafricain. « On lui donne raison. Il a travaillé comme un vrai président, pas comme un militaire, je suis fier d'être centrafricain, bravo au peuple centrafricain et que le président respecte la Constitution », a-t-il conclu.

Les résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours. Mais les opposants Ziguélé, Nakombo et Demafouth ont déjà annoncé qu'ils rejetaient les résultats du scrutin en raison de nombreuses « irrégularités ». Ziguélé affirmé n'avoir « même pas écouté ou suivi [l'annonce] ». « C'est un non événement. C'est tellement grossier et ridicule », a-t-il poursuivi. « Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour constitutionnelle mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats. »

Retour de la rébellion

Le président de la CEI, le pasteur Joseph Binguimalé, dont le travail a été très critiqué, a « remercié le peuple centrafricain pour sa patience, sa compréhension, sa tolérance et surtout sa participation massive ».

Un représentant de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), active dans le nord, a dénoncé le scrutin. « Nous serons obligé de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique », a déclaré Joachim Kokaté, dont le mouvement n'a pas intégré le processus de paix du « dialogue national » amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles. 

« Nous avions observé une trêve dans l'intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple », a-t-il poursuivi. (Avec AFP)

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