Le chef de l’État français Nicolas Sarkozy, également président du G8-G20, se rend samedi au sommet des chefs d’État de l’Union africaine (UA), qui se tient à Addis-Abeba du 30 au 31 janvier. Une visite expresse, avec force conseillers et ministres, dont l’un des objectifs est d’aboutir à renforcer les pressions sur le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo.
« Dans quelques jours, le président de la République, Nicolas Sarkozy se rendra au sommet de l’Union africaine [les chefs d’État se réunissent à Addis-Abeba, du 30 au 31 janvier, NDLR], dont il sera l’invité d’honneur. Devant ses pairs africains, il exposera les ambitions qui sont les siennes alors qu’il assume la double présidence du G8 et du G20 », a expliqué le ministre français chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, aux ambassadeurs africains venus le rencontrer mercredi 26 janvier autour d’un cocktail à Paris.
Le nouveau M. Coopération sera du voyage présidentiel ainsi que la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie (MAM), le conseiller Afrique à l’Élysée, André Parant, le directeur Afrique du Quai d’Orsay, Stéphane Gompertz, et la conseillère Afrique à la Coopération, Ahlem Friga-Noy.
Équipée présidentielle
Le 29 janvier au soir, l’équipée diplomatique prendra place à bord du nouvel avion présidentiel baptisé par la presse « Sarko one » et arrivera dans la capitale éthiopienne le lendemain matin. Le président se rendra aussitôt au siège de l’organisation pour y prononcer son discours.
Raincourt a déjà donné un avant-goût de la parole élyséenne. Nicolas Sarkozy parlera de lutte contre le réchauffement climatique, de régulation financière internationale, de la dimension sociale de la mondialisation, des fluctuations néfastes des prix des produits alimentaires, des défis d’internet et des financements innovants. Il écoutera aussi les avis et recommandations de l’Union africaine. Mais pas trop longtemps.... Car le président français ne passera que quelques heures au siège de l’UA avant de repartir dans l’après midi.

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara rivalisent d'influence pour rallier le soutien de leurs homologues africains.
© Reuters
Mini-sommet sur la Côte d’Ivoire
Mais il prévoit aussi de jouer en coulisses une partie bien plus sensible, celle de la résolution de la crise ivoirienne. À la Coopération et au Quai d’Orsay, on plaide devant les journalistes pour le dialogue et les solutions pacifiques, tout en reconnaissant le nouveau président élu, Alassane Ouattara. Interrogée sur la chaîne I-télé, le 28 janvier, MAM a privilégié la piste des pressions économiques, affirmant que lors du sommet, l'UA allait accroître la pression sur Laurent Gbagbo. « Il y aura probablement des mesures supplémentaires qui vont être prises à cette occasion », a-t-elle dit. Mais l’Élysée envisage tous les scénarios.
Sarkozy, ses ministres et ses conseillers se chargeront donc de rencontrer les présidents les plus favorables au président Gbagbo pour tenter de les faire changer d’avis, du moins de s’assurer de leur neutralité. Un mini-sommet sur la Côte d’Ivoire est prévu le samedi 29 janvier au soir, et pourrait durer une partie de la nuit. Kacou Gervais, ministre des Affaires étrangères de Ouattara, et son homologue du camp Gbagbo, Alcide Djédjé, multiplient actuellement à Addis-Abeba les rencontres officieuses pour rallier les délégations à leur cause.

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