25/01/2011 à 00h:41 Par Jeune Afrique, avec Frida Dahmani | MAJ à 11h30
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L'ombre protectrice du général Ammar (ici le 24 janvier) plane sur la révolution tunisienne. L'ombre protectrice du général Ammar (ici le 24 janvier) plane sur la révolution tunisienne. © AFP

L'armée est sortie de sa réserve par l'intermédiaire du populaire général Ammar, pour tenter d'apaiser les manifestants qui réclament le départ de certains membres du gouvernement, dont le porte-parole a quant à lui indiqué qu'il y aurait "peut-être de nouvelles démissions", mais pas dans les rangs des ministres de l'opposition...

La Kasbah de Tunis sera-t-elle la « Bastille » du 14 janvier ? Rien n'est moins sûr, au vu des événements de lundi. Face aux manifestants issus de la « caravane de la liberté » venue de Sidi Bouzid, la ville du sud-ouest d'où est partie la révolution, le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Rachid Ammar, est sorti de sa réserve. Il a assuré que l’armée se portait « garante de la révolution » en Tunisie. « Nous sommes fidèles à la Constitution du pays. Nous protégeons la Constitution. Nous ne sortirons pas de ce cadre », a-t-il affirmé aux manifestants. « Notre révolution, votre révolution, la révolution des jeunes, elle risque d'être perdue, d'autres risquent de la récupérer. Il y a des forces qui appellent au vide, à la vacance du pouvoir. Le vide engendre la terreur, qui engendre la dictature », a-t-il enfin prévenu.

"Protéger le peuple"

Rachid Ammar a été l'homme clé de la fin du règne de Ben Ali, l’armée ayant protégé la population contre les tirs des milices favorables à l'ancien président. « Elle va continuer à protéger le peuple et le pays. Je suis sincère, l’armée sera sincère, nous devrions tous ensemble mener le navire à bon port », a conclu le général Ammar. Il a réussi à apaiser la foule et a permis de faire évacuer quelque temps la place du gouvernement dans la kasbah de Tunis, où des affrontements avaient eu lieu le matin entre manifestants et policiers.

Mais le soir, des centaines de Tunisiens continuaient de braver, pour la deuxième nuit de suite, le couvre-feu devant la Primature, exigeant toujours la démission du gouvernement de transition des « caciques » de l'ancien régime. Et mardi matin, ils étaient encore un millier à protester énergiquement.

Face à la fragilité apparente de l’exécutif d’union nationale chargé de préparer des élections dans les six mois, quelques observateurs à Tunis ne sont pas loin de penser que si le gouvernement ne tenait pas, c’est l’armée qui prendrait le pouvoir. La volonté d’apaisement du général Ammar semble en tout cas en contradiction avec le comportement de la centrale syndicale qui ne cesse d’appeler à la manifestation et à la grève pour obtenir la démission de certains ministres. Qu'en sortira-t-il ?

Nouvelles démissions ?

La réponse est peut-être venue en fin de journée du porte-parole du gouvernement, Taïeb Baccouche, qui a déclaré qu'un remaniement ministériel était en cours et pourrait intervenir rapidement. Mais il n'a pas précisé si les nouveaux ministres allaient occuper seulement les portefeuilles à pourvoir suite aux quatre démissions de la semaine dernière, ou aussi des ministères encore contrôlés par d'anciens membres du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, ex-parti de Ben Ali).

« Peut-être qu'il va y avoir de nouvelles démissions. Donc il y aura un minimum de six, sinon plus, postes à pourvoir, et cela va nécessiter forcément un remaniement ministériel, d'ici peut-être demain », a indiqué Baccouch, une personnalité indépendante issue du syndicalisme et par ailleurs ministre de l'Éducation. « Des contacts sont en cours », a-t-il poursuivi sans plus de précisions, excluant que d'éventuelles démissions concernent des ministres issus de l'ancienne opposition.

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