17/01/2011 à 10h:57 Par Jeune Afrique
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Mamadou Tandja, le 27 septembre 2009 à Porlamar, au Venezuela. Mamadou Tandja, le 27 septembre 2009 à Porlamar, au Venezuela. © AFP

L’ex-président nigérien, dont l’immunité avait été levée en décembre, a été incarcéré à la prison civile de Kollo, au sud de Niamey. Les chefs d’accusation retenus contre lui ne sont pas encore connus.

Mamadou Tandja a quitté la Villa verte, dans l’enceinte du palais présidentiel, où il vivait reclus depuis le putsch de l’armée qui l’avait renversé en février dernier. Il a été conduit dimanche 16 décembre à la prison civile de Kollo dans l’après-midi, escorté par les Forces de défense et de sécurité, a-t-on appris auprès d’une source proche de la présidence.

« Auparavant, il a été entendu par un juge qui l'a inculpé et placé sous mandat de dépôt », a indiqué cette même source sans préciser les chefs d’accusation retenus contre lui.

Cet emprisonnement arrive à point nommé pour marquer la fin de la transition démocratique au Niger, initiée par le président par intérim Salou Djibo au lendemain du coup d’État de février 2010, lors duquel Mamadou Tandja avait été renversé par la junte militaire. Une élection présidentielle doit être organisée le 31 janvier pour clore définitivement la transition.

Malversations financières

L’immunité de Mamadou Tandja a été levée au mois de décembre par la Cour d’État du Niger, permettant ainsi de lancer des poursuites judiciaires à son encontre pour malversations financières présumées. Le porte-parole du gouvernement, Laouali Dan Dah, avait expliqué que cette levée d'immunité faisait suite à « des contrôles dans divers sociétés et organismes qui ont décelé des irrégularités que les responsables de ces sociétés » ont « imputées directement ou indirectement » à Mamadou Tandja.

Des malversations financières portant sur plus de 64 milliards de F CFA (près de 98 millions d'euros) ont été commises en dix ans sous le régime Tandja, l'ex-président étant visé directement dans une série de dossiers, selon un rapport de l'inspection d'État publié fin 2010.

Une Commission de lutte contre la délinquance économique et financière, créée par le chef de la junte, le général Salou Djibo, est chargée de notifier aux personnes incriminées les sommes à rembourser. Les enquêtes ont déjà permis l'incarcération de plusieurs hauts responsables, notamment un ex-ministre et l'ancien patron du Trésor, ainsi que d'un fils de Mamadou Tandja.

Détention "arbitraire" ?

La Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a réclamé au mois de novembre la remise en liberté de Mamadou Tandja, qui vivait en résidence surveillée. Elle jugeait son arrestation et sa détention « arbitraires », et avait donc « ordonné sa libération ».

La junte avait opposé une fin de non-recevoir à cette requête, répétant comme à plusieurs reprises par le passé qu’au « moment opportun », les Nigériens et « la justice » décideront du sort de Mamadou Tandja.

« L'ex-président ne sera pas relâché comme s'il n'avait pas commis de crime », avait confirmé une source gouvernementale au Niger. « Le seul parjure d'avoir violé son serment de respecter et de faire respecter la Constitution du Niger pouvait mettre Mamadou Tandja à l'ombre pendant de nombreuses années », avait-t-elle assuré.  (avec AFP)
 

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