La composition du gouvernement d'union nationale, annoncée pour ce lundi, a fait l'objet de fuites de la part de sources crédibles et concordantes. Voici quelques uns des noms probables des futurs ministres de la Tunisie.
Prévue ce lundi, l’annonce de la composition du nouveau gouvernement en Tunisie sera un moment clé de l’amorce de la démocratie dans un pays qui n’en connaît pour l'instant que le nom. Selon des fuites concordantes, une partie du nouvel exécutif sera composé de ministres reconduits de l’ancien gouvernement, tels Afif Chelbi pour l’Industrie et la technologie, Kamel Morjane pour les Affaires étrangères, Ahmed Friaa à l’Intérieur et Nouri Jouini pour les Finances.
Mais il y aura aussi de nouvelles figures issues de l’opposition et de la société civile. Il s’agit notamment de Me Néjib Chebbi, pour le Développement régional, du Dr Mustapha Ben Jaafar pour la Santé, d'Ahmed Ibrahim, à l’Enseignement supérieur, de Lazhar Karoui Chebbi à la Justice et de Yadh Ben Achour aux Réformes.
Des portefeuilles seraient également confiés à trois membres de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) : Hassine Dimassi et Abdjelliel Bedoui, qui deviendraient respectivement ministre et secrétaire d'État à l’Économie, et Anouer Ben Kaddour. Cette composition, que ne confirmera que l’annonce officielle, représenterait un réel gouvernement de rupture, des membres des partis d’opposition étant intégrés à des postes clés.
Intégrité et professionnalisme
Concrètement, le gouvernement aura trois tâches essentielles : assurer la transition, gérer les affaires courantes et porter le pays vers les élections. En première analyse, il apparaît que les futurs ministres pressentis ont été choisis pour leur intégrité et surtout pour leur profil personnel en adéquation avec leur portefeuille.
Un élargissement du gouvernement à d’autres groupes politiques, tels les islamistes d'Ennhadha, aurait certainement apporté une certaine zizanie partisane alors que la cohésion gouvernementale est cruciale. « Il faut avoir conscience qu’on ne peut pas tourner la page d’un coup, souligne Larbi Chouikha, politologue, enseignant et défenseur des droits de l’homme. L’urgence est de rétablir l’autorité de l'État et de préparer les élections. »
Menace extrémiste
Le monde politique est unanime à reconnaître qu’il est impossible d’organiser des élections dans les 60 jours, comme le prévoit l'article 57 de la Constitution en cas de vacance définitive du pouvoir. Aussi se dirige-t-on vers une relecture dudit article 57, mais aussi du 39 ter, qui permettra d’aménager une réforme pour que les élections soient tenues d'ici à quelques mois. « Nous devons être prudents car les menaces extrémistes existent. Il y a une formation politique à apporter à un peuple dont la majorité ne sait pas ce qu’est la politique. C’est pourquoi nous devons devenir des militants pédagogues de la démocratie », explique Larbi Chouikha.
Mais si les Tunisiens s’initient avec un grand bonheur à débattre publiquement et librement, le chaos et les affrontements des dernières 48 heures démontrent combien la situation est fragile. Des images d’opérations de lynchages publics et de vindicte populaire ont frappé les Tunisiens. Une intervention exemplaire de la justice est attendue avec impatience ainsi que, plus généralement, le retour à la normale.
Article suivant :
Patrice Lumumba, héros sans héritiers
Article précédent :
Des militants pro-Ouattara passent à l'offensive à Yamoussoukro
1.Sidi Mohamed - 17/01/2011 à 19h:01La France de Sarkozy s'est discréditée en Tunisie en soutenant Ben Ali jusque dans ses dernières heures.[...] Lire
2.Dr mohamed Sellam - 17/01/2011 à 18h:01C'est un pas remarquable que j'ai beaucoup apprécié.Un changement radical ne se fera pas en si peu de temps:il faut de la patence et du[...] Lire
3.bahloul - 17/01/2011 à 17h:01MR Ghannouchi,s'il ne travaille pas en sous main de quelque puissance,ne semble pas avoir bien compris le message du peuple Tunisien qui aspire &agrav[...] Lire
4.bahloul - 17/01/2011 à 15h:01C'est choquant. La Changement doit prendre en compte l'espoir de tous les citoyens ,sans exclusive de couleur ou d'opignon politique.Le peuple Tunisie[...] Lire
5.Afro noire - 17/01/2011 à 15h:01l'exemple de la tunisie doit servir de leçon au pays d'afrique noire dont les dirrigeants ne respectent pas la volonté du peuple; bravo [...] Lire
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]