16/01/2011 à 23h:05 Par Frida Dahmani, à Tunis|MÀJ le 17/01
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Mohamed Ghannouchi, au centre, sur TV 7, le 14 janvier. Mohamed Ghannouchi, au centre, sur TV 7, le 14 janvier. © AFP

La composition du gouvernement d'union nationale, annoncée pour ce lundi, a fait l'objet de fuites de la part de sources crédibles et concordantes. Voici quelques uns des noms probables des futurs ministres de la Tunisie.

Prévue ce lundi, l’annonce de la composition du nouveau gouvernement en Tunisie sera un moment clé de l’amorce de la démocratie dans un pays qui n’en connaît pour l'instant que le nom. Selon des fuites concordantes, une partie du nouvel exécutif sera composé de ministres reconduits de l’ancien gouvernement, tels Afif Chelbi pour l’Industrie et la technologie, Kamel Morjane pour les Affaires étrangères, Ahmed Friaa à l’Intérieur et Nouri Jouini pour les Finances.

Mais il y aura aussi de nouvelles figures issues de l’opposition et de la société civile. Il s’agit notamment de Me Néjib Chebbi, pour le Développement régional, du Dr Mustapha Ben Jaafar pour la Santé, d'Ahmed Ibrahim, à l’Enseignement supérieur, de Lazhar Karoui Chebbi à la Justice et de Yadh Ben Achour aux Réformes.

Des portefeuilles seraient également confiés à trois membres de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) : Hassine Dimassi et Abdjelliel Bedoui, qui deviendraient respectivement ministre et secrétaire d'État à l’Économie, et Anouer Ben Kaddour. Cette composition, que ne confirmera que l’annonce officielle, représenterait un réel gouvernement de rupture, des membres des partis d’opposition étant intégrés à des postes clés.

Intégrité et professionnalisme

Concrètement, le gouvernement aura trois tâches essentielles : assurer la transition, gérer les affaires courantes et porter le pays vers les élections. En première analyse, il apparaît que les futurs ministres pressentis ont été choisis pour leur intégrité et surtout pour leur profil personnel en adéquation avec leur portefeuille.

Un élargissement du gouvernement à d’autres groupes politiques, tels les islamistes d'Ennhadha, aurait certainement apporté une certaine zizanie partisane alors que la cohésion gouvernementale est cruciale. « Il faut avoir conscience qu’on ne peut pas tourner la page d’un coup, souligne Larbi Chouikha, politologue, enseignant et défenseur des droits de l’homme. L’urgence est de rétablir l’autorité de l'État et de préparer les élections. »

Menace extrémiste

Le monde politique est unanime à reconnaître qu’il est impossible d’organiser des élections dans les 60 jours, comme le prévoit l'article 57 de la Constitution en cas de vacance définitive du pouvoir. Aussi se dirige-t-on vers une relecture dudit article 57, mais aussi du 39 ter, qui permettra d’aménager une réforme pour que les élections soient tenues d'ici à quelques mois. « Nous devons être prudents car les menaces extrémistes existent. Il y a une formation politique à apporter à un peuple dont la majorité ne sait pas ce qu’est la politique. C’est pourquoi nous devons devenir des militants pédagogues de la démocratie », explique Larbi Chouikha.

Mais si les Tunisiens s’initient avec un grand bonheur à débattre publiquement et librement, le chaos et les affrontements des dernières 48 heures démontrent combien la situation est fragile. Des images d’opérations de lynchages publics et de vindicte populaire ont frappé les Tunisiens. Une intervention exemplaire de la justice est attendue avec impatience ainsi que, plus généralement, le retour à la normale.

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