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Le ministre français de la Défense, Alain Juppé le 15 décembre 2010 à Nice. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé le 15 décembre 2010 à Nice. © AFP

Après la mort de deux otages français, enlevés par un commando samedi dernier, le ministre français de la Défense, Alain Juppé, se rend ce lundi à Niamey pour dialoguer avec les autorités du pays et tenter de rassurer une communauté française inquiète.

Le but de la visite du ministre français de la Défense Alain Juppé, ce lundi à Niamey, est simplement de rencontrer « les autorités nigériennes et la communauté française » après la mort de deux otages français, samedi, apparemment exécutés par un commando d'Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi) qui les avait enlevés la veille en plein centre de Niamey.


Un des deux otages français, Antoine de Léocour, qui allait se marier avec Rakia, une Nigérienne.
© D.R.

Le ministre a donc renoncé à son déplacement au Gabon dimanche, où il devait parler - entre autres - de la situation en Côte d'Ivoire avec le président Ali Bongo Ondimba, pour se rendre au Niger, où la communauté française est sous le choc. « C'est la première fois que j'ai vraiment peur », dit Michel, qui explique que beaucoup de ses compatriotes hésitent entre rester dans le pays et « plier bagages, très vite ».


Portrait du second otage français, Vincent Delory. Il était arrivé au Niger le soir même de son enlèvement.
Il venait assister au mariage de son ami Antoine de Léocour.
© D.R.

Double accrochage

Dès l'annonce de l'enlèvement des deux otages français, Antoine de Léocour et Vincent Delory, les forces nigériennes s'étaient lancées à la poursuite des ravisseurs avec l'appui d'un Atlantique-2 (ATL-2), un avion de surveillance français au large rayon d'action pouvant effectuer des écoutes et ayant une vision de jour comme de nuit.


Un Atlantique-2 (ATL-2) sur la base militaire français de Dakar, le 2 juin 2009
© AFP

Le groupe des kidnappeurs avait été repéré une première fois, ce qui avait permis une intervention des militaires nigériens au cours de laquelle le chef de détachement de la garde nationale avait été blessé. Puis il y avait eu un nouvel accrochage, au niveau de la zone frontalière entre le Mali et le Niger, dans lequel les forces spéciales de l'armée française étaient engagées.

Peu de doute sur l'implication d'Aqmi

Deux militaires français ont été alors été légèrement blessés et « plusieurs » ravisseurs tués, selon le porte-parole de l'état-major des armées, Thierry Burkhard. Puis les corps sans vie des deux otages ont été retrouvés. Alain Juppé a affirmé dimanche soir sur TF1 avoir « peu de doute » sur une implication d'Al-Qaïda dans l'enlèvement. « La décision, grave [d'intervenir militairement, NDLR], a été prise par le chef de l'État, chef des armées, en étroite coordination avec le Premier ministre et moi-même », a-t-il déclaré.

« Ne rien faire, c'était prendre un double risque, a poursuivi le ministre. D'abord le risque de voir nos otages emmenés par les ravisseurs dans l'une de leurs bases-refuges au Sahel, et l'on sait ensuite comment ils sont traités [...]. Ensuite un deuxième risque, plus global : ne rien faire c'est donner un signal que la France ne se bat plus contre le terrorisme. » (Avec AFP)

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