Vendredi soir, deux Français ont été enlevés à Niamey, la capitale nigérienne, par un groupe d’hommes « enturbannés et armés », parlant parfaitement arabe, alors qu'ils étaient atablés avec des amis dans un restaurant très fréquenté par les expatriés.
On savait que le Niger était une destination sensible pour les expatriés français. Mais jusqu’à présent, la capitale, Niamey, semblait préservée des exactions.
Ce n’est plus le cas depuis vendredi soir. Entre 22h30 et 23h30 (locales et parisienne), deux Français dont l’un devait se marier le lendemain et était accompagné de sa future épouse, ont été enlevés au restaurant Le Toulousain, dans le quartier résidentiel du plateau, au centre-ville de la capitale.
« Toi et toi, suivez-nous ! »
Deux hommes « armés », « enturbannés », à la « peau claire » et « parlant arabe », selon des témoins, sont entrés dans l’établissement, « sont tombés sur les deux Français et ont crié : "toi et toi, suivez-nous !" », selon un client.
Dehors, un 4x4 immatriculé au Bénin les attendait avec d’autres hommes armés à l'intérieur, a précisé un employé du restaurant. « Les Français tentaient de résister mais finalement ils (les ravisseurs) les ont poussés dans la voiture et ils ont démarré vite, vite » a indiqué un autre employé.
D’après des clients du bar, la voiture avait été aperçue à plusieurs reprises dans le quartier dans les jours et heures précédentes.
L’enlèvement a été confirmé par des sources françaises et nigériennes. « L’alerte a déjà été donnée pour éventuellement intercepter les ravisseurs », a affirmé une source policière nigérienne, dont les confrères quadrillaient le quartier dans la soirée.
Niamey, nouvelles zone à risque pour les Occidentaux ?
Selon RFI, un avion français Bréguet (dédié à la surveillance) et les axes menant au Nord-Mali auraient été sécurisés par un dispositif militaire, déployé depuis l’enlèvement de cinq Français, un Malgache et un Togolais à Arlit (nord du pays) en septembre dernier.
Ce précédent rapt, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), s’est déroulé dans une zone proche du sud de l’Algérie, connue pour sa dangerosité pour les expatriés occidentaux. La capitale Niamey, elle, semblait préservée. Vendredi, elle n’était pas déconseillée par le ministère français des Affaires étrangères à ses ressortissants.
Carte des zones déconseillées aux ressortissants français par le ministère des Affaires étrangères, le 8 janvier 2011 au matin.

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