Extension Factory Builder
20/12/2010 à 12:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un enfant congolais, ancien soldat, dans un camp pour enfants soldats démobilisés. Un enfant congolais, ancien soldat, dans un camp pour enfants soldats démobilisés. © AFP

L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch accuse des membres des forces armées congolaises, des miliciens Maï-Maï et des rebelles hutus rwandais de procéder à l’enrôlement systématique et forcé de jeunes dans la région du Kivu.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’ONG Human Rights Watch (HRW) auprès d’agents de la protection de l’enfance, d’enseignants, de dirigeants locaux et de jeunes ayant réussi à s’échapper, la région congolaise du Kivu  – dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) – serait le théâtre d’un vaste recrutement forcé d’enfants-soldats.

« Ils ont décrit le recrutement forcé et illégal de plus de 1 000 jeunes hommes et garçons depuis septembre », dont « au moins 261 » mineurs, qui sont approchés sur le chemin de l’école, chez eux ou dans les champs, indique l'ONG dans un communiqué. « Ceux qui résistent risquent de graves représailles ou même la mort. »

L’enrôlement de ces jeunes serait le fait de différents groupes : d’anciens rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), depuis peu ralliés à Kinshasa et intégrés dans l’armée ; des miliciens congolais Maï-Maï ; et des membres de la rébellion hutue rwandaise des FDLR.

Bosco Ntaganda, nœud du problème

HRW a déterminé que Bosco Ntaganda, ancien chef du CNDP chargé aujourd’hui de faciliter l’intégration des anciens rebelles dans les forces loyalistes, serait parmi les instigateurs de ce recrutement contraint.

D’après des experts onusiens, son rôle d’intermédiaire entre l’armée et l’ex-rébellion lui servirait de couverture pour dissimuler sa véritable attribution : il dirigerait une chaîne de commandement parallèle au sein des Forces armées de RDC (FARDC) et serait le numéro deux des opérations menées depuis 2009 par l’armée contre les rebelles FDLR dans la région du Kivu. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé à son encontre par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants quand il était milicien en 2002-2003, Bosco Ntaganda bénéficie du « soutien » de Kinshasa, qui refuse de procéder à son interpellation.

« Il est choquant qu’un individu recherché par la CPI puisse continuer de commettre exactement le même genre de crimes dont il est accusé », déclare Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HRW.

L'ONG appelle le gouvernement congolais à « mettre un terme » à ces recrutements et à « arrêter Ntaganda immédiatement, au lieu de se réfugier derrière le prétexte que cet homme serait indispensable au processus de paix ». (Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
L'opposition s'engouffre dans la brèche WikiLeaks

Article pr�c�dent :
Dos au mur

0 réaction(s)

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : Filimbi, drôles de révolutionnaires !

RDC : Filimbi, drôles de révolutionnaires !

Les jeunes militant pro-démocratie arrêtés par les autorités congolaises présentent des profils qui ne collent pas, mais alors pas du tout avec le portrait qu'en fait Kinshasa. Explications.[...]

Kyungu wa Kumwanza : "La RDC doit privilégier les échéances électorales importantes"

De retour de Kinshasa, où il a pris part la semaine dernière à la réunion du bureau politique de la coalition au pouvoir, convoquée par le président Joseph Kabila, Antoine Gabriel Kyungu[...]

RDC : que deviennent les militants congolais arrêtés le 15 mars ?

Près de deux semaines après leur arrestation à l’issue d’une conférence de presse organisée avec les responsables de Y’en a marre et le Balai citoyen, plusieurs militants[...]

Mouvements citoyens africains : qui sont ces jeunes leaders qui font du bruit ?

Citoyens avant tout, ils se sont pourtant imposés comme des acteurs politiques à part entière. Smockey le Burkinabè, Fadel Barro le Sénégalais, Fred Bauma le Congolais... Voici notre[...]

Rififi à Conakry

Difficile de s'y retrouver quand pouvoirs et oppositions font des calendriers électoraux un enjeu majeur de la démocratie.[...]

RDC : la Monusco reconduite, mais réduite

La Monusco comptera 2 000 soldats de moins. Cette reconduction du mandat de la force onusienne survient en pleine brouille entre les Nations unies et Kinshasa.[...]

RDC : les Américains derrière les mouvements citoyens ?

Les autorités congolaises, qui ont durement mis fin à la rencontre entre les mouvements citoyens étrangers et congolais la semaine dernière, ont trouvé en Washington un responsable à ce[...]

RDC : trente éléphants tués en quinze jours par des braconniers dans le parc de la Garamba

Trente éléphants ont été abattus en deux semaines dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la RDC. Les responsables du parc accusent un groupe de braconniers soudanais d'avoir commis[...]

RDC : remous dans la majorité au sujet de la loi électorale

Sept partis de la majorité congolaise (RDC) ont exprimé leurs inquiétudes sur la révision de la Constitution. Après une réunion agitée, ils ont fini par rentrer dans le rang. [...]

RDC : face aux rebelles rwandais, l'armée progresse sans vrai combat

"Une guerre sans combattants?" L'armée congolaise progresse au Sud-Kivu face à des rebelles rwandais des FDLR qui préfèrent fuir, faisant craindre que les problèmes causés par[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20101220100043 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20101220100043 from 172.16.0.100