Extension Factory Builder
22/11/2010 à 09:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Après deux ans de détention, Jean-Pierre Bemba est enfin jugé devant la CPI. Après deux ans de détention, Jean-Pierre Bemba est enfin jugé devant la CPI. © AFP

Le procès de Jean-Pierre Bemba, arrêté à Bruxelles il y a plus de deux ans, doit commencer à La Haye ce lundi 22 novembre devant la CPI. Il est accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre que ses miliciens auraient commis en Centrafrique en 2002 et 2003.

C'est le troisième procès de la Cour pénale internationale (CPI). Et c'est aussi le troisième procès d'un ressortissant de République démocratique du Congo (RDC). Ce lundi 22 novembre, Jean-Pierre Bemba rejoint Thomas Lubanga Dyilo, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui dans le box des accusés.

Certains observateurs interprètent le fait que seuls des Africains soient pour l'instant jugés par cette cour comme le signe de l'instrumentalisation politique de la CPI et la preuve que celle-ci s'est rangée au service d'intérêts néo-coloniaux. Mais les victimes n'en attendent pas moins ce jour avec impatience depuis des années. Pour commencer à mettre un terme à leur calvaire et à l'impunité qui règne depuis trop longtemps dans l'ex-Zaïre.

La procédure, on s'en souvient, a été lancée par des Africains. Jean-Pierre Bemba avait fui la RDC en 2007 et avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles par les autorités belges en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI qui avait été saisie en 2004 par François Bozizé, au pouvoir en Centrafrique depuis 2003. Et la CPI est le premier tribunal international qui permet la participation effective des victimes, lesquelles peuvent demander réparation.

Responsabilité indirecte

« C'est la première fois dans l'histoire de la justice internationale qu'un chef militaire est jugé au titre de sa responsabilité indirecte pour des viols commis par ses hommes », affirme le bureau du procureur controversé de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.

Le sénateur Bemba, 48 ans, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui auraient été perpétrés par des membres de sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), lorsque ceux-ci avaient été appelés à la rescousse par le président centrafricain Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'État en 2002-2003.

Les quelque 1 500 hommes du MLC envoyés sur place se seraient alors livrés à un exercice tristement classique dans la région des Grands lacs : viols, pillages et meurtres. La population civile centrafricaine a vécu le martyre durant cinq mois, entre octobre 2002 et mars 2003.

Viols contre des personnes de 8 à 70 ans

« Lorsque les troupes de Bemba ont achevé la conquête des zones occupées par les rebelles, des petits groupes de 2 à 4 soldats ont été constitués : ils sont allés de maison en maison, violant, pillant et tuant ceux qui opposaient une résistance », a affirmé Moreno-Ocampo. L'accusation a recensé quelque 400 viols à Bangui et 35 victimes seulement ont été autorisées à participer à la procédure alors que environ 1 200 demandes restent encore à être examinées par la CPI.

Ceux qui affirment avoir été violés ont de 8 à 70 ans. « Ce sont des femmes, des hommes, des enfants et des personnes âgées », explique Paolina Massidda, responsable du Bureau du conseil public pour les victimes. « Le viol est une arme de guerre : il sert à humilier les femmes et ceux susceptibles d'exercer des responsabilité au sein de leur communauté », affirme le bureau du procureur.

Le procès devra déterminer si, comme l'affirme l'accusation, Jean-Pierre Bemba « était la seule autorité décisionnaire qui exerçait un contrôle sur toutes les questions militaires du MLC ». Ou si, au contraire, le contingent du MLC « a combattu avec l'uniforme et sous le drapeau centrafricain », affirme un avocat de la défense de Bemba, Aimé Kilolo. « Ce sont les autorités centrafricaines qui avaient en charge le commandement effectif et la discipline », ajoute-t-il. Jugement dans quelques mois. (Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : la nouvelle loi électorale a été adoptée par le Parlement
RDC 

RDC : la nouvelle loi électorale a été adoptée par le Parlement

L'Assemblée nationale et le Sénat de la RDC ont harmonisé dimanche leurs divergences en adoptant le projet de loi électorale controversé. Mais des incertitudes demeurent et une partie de l'opposi[...]

RDC : le Parlement doit adopter la loi électorale sans l'alinéa litigieux

La loi électorale à l'origine de violences meurtrières en République démocratique du Congo devait être adoptée dimanche par le Parlement, où le camp du président[...]

Violences en RDC : la police mise en cause, blocage au Parlement

Le président de l'Assemblée nationale congolaise a dénoncé samedi un "dérapage" de la police, qui a tiré dans la foule à Kinshasa durant les violences meurtrières[...]

Répression en RDC : le président de l'Assemblée reconnaît un "dérapage"

Le président de l'Assemblée nationale en République démocratique du Congo (RDC) a reconnu samedi sur Twitter un "dérapage" lorsque la police a tiré à "balles[...]

RDC : Katumbi attaqué sur tous les fronts

Rien ne va plus au Katanga pour Moïse Katumbi depuis que celui-ci a pris ses distances vis à vis d'un éventuel 3e mandat du président Kabila. Lequel vise là où ça fait mal : au[...]

RDC 

RDC : le Sénat impose la tenue de la présidentielle en 2016 dans les délais constitutionnels

Lors du vote article par article du projet de loi controversé modifiant la loi électorale en RDC, les sénateurs congolais ont supprimé vendredi l'incise contenue dans le texte initial qui liait[...]

RDC : pourquoi le vote de la loi électorale a été reporté

Après trois jours de violences meurtrières à Kinshasa et à Goma, le vote de la loi électorale, intialement prévu jeudi, aura lieu vendredi matin.[...]

CAN 2015 : les Léopards sans imagination face au Cap-Vert

Le choc entre les Lépopards et les Requins a tourné à la soupe soporifique jeudi à Ebebiyin (0-0). Le gardien congolais Kidiaba a sauvé son camp à deux reprises dans les dix[...]

RDC 

RDC : deuxième journée de violences à Goma, au moins trois morts

Pour la deuxième journée consécutive, des heurts ont éclaté jeudi à Goma, dans l'est de la RDC, entre les policiers et des étudiants qui exigent la libération de leurs[...]

Foot : avant son exploit avec le Congo, les sept CAN de Claude Le Roy

Avec le Congo, Claude Le Roy dispute en Guinée équatoriale (17 janvier-8 février) sa huitième phase finale, un record. Le technicien français, champion d’Afrique en 1988 avec le Cameroun,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20101122092319 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20101122092319 from 172.16.0.100