18/11/2010 à 18h:39 Par Clarisse Juompan-Yakam
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Pour Jean Ping, les contestations ne doivent pas 'fausser la sincérité des élections' en Guinée. Pour Jean Ping, les contestations ne doivent pas "fausser la sincérité des élections" en Guinée. © D.R.

Présent à Cotonou, où il participe au symposium sur le cinquantenaire des indépendances africaines dans l’espace francophone, le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, réagit pour jeuneafrique.com aux derniers développements de l’actualité en Guinée.

Jeuneafrique.com : Comment analysez-vous les violences de ces derniers jours en Guinée ?

Jean Ping : La situation n’est finalement pas si dramatique, au regard de l’histoire récente du pays : organiser une élection présidentielle pluraliste, transparente et démocratique dans des délais très courts (six mois) relève de la gageure, en particulier quand il s’agit des premières en plus de 50 ans… Consciente des risques de montée en puissance des tensions interethniques qui commençaient à se manifester, l’Union africaine, qui était en première ligne pour la supervision de ces élections, a obtenu des deux protagonistes [Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, NDLR] qu’ils s’engagent à privilégier les intérêts du pays en acceptant de travailler ensemble, quel que soit le verdict définitif des urnes.

À l’issue du second tour, l’UA a exhorté les Guinéens à accepter les résultats, les éventuelles contestations devant être présentées devant la Cour suprême et non dans la rue. Malgré toutes ces recommandations, la proclamation des résultats a donné lieu à des manifestations – c’est souvent le cas en Afrique, où l’ère des élections à 99 % est révolue. Largement retransmises par les chaînes de télévision, elles n’étaient ni massives, ni particulièrement violentes. À mon sens, elles relèvent davantage d’actes de pillage que de réelles contestations politiques.

Et cela justifie l’état d’urgence ?

Les autorités de la transition, qui entendent bien conduire le processus à son terme sans violence, prennent les devants pour éviter un autre 28 septembre, où des dérapages avaient engendré des tueries et des viols. L’état d’urgence se justifie-t-il face à cette situation ? Peut-être pas. Mais l’essentiel est que l’UA arrive à faire de la Guinée un exemple sur le continent, avec une élection démocratique qui conduit au pouvoir un opposant historique, Alpha Condé.

Des contestations peuvent avoir lieu, à condition qu’elles ne faussent pas la sincérité des élections. Nous sommes parvenus, au prix d’efforts considérables – et avec le concours de la communauté internationale, des pays étrangers, de la Cedeao et du médiateur Blaise Compaoré –, à rétablir l’ordre constitutionnel en Guinée via une transition consensuelle et inclusive. Nous ne pouvons pas nous arrêter en si bon chemin. La communauté internationale tout entière doit entourer la Guinée de ses conseils et de son assistance pour lui permettre de se remettre rapidement au travail.

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