Le procès de huit personnes accusées « de non respect des préceptes de l'islam » pour n'avoir pas observé assidûment le jeûne lors du dernier ramadan s'ouvre lundi 8 novembre en Algérie. La liberté de culte est pourtant garantie à la fois par la Constitution et par le gouvernement.
En Algérie, où l'islam est religion d'État, la liberté de culte est un sujet qui échappe facilement à l'autorité – en la matière bien ambiguë - du gouvernement. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a beau promettre, comme il l'a fait le 21 octobre devant l'Assemblée nationale, que cette liberté sera « toujours garantie », puisqu'elle est inscrite dans la Constitution, les procès contre des « non-jeûneurs », notamment des convertis au christianisme, se multiplient.
Dernière affaire en date, huit personnes doivent comparaître lundi devant le tribunal correctionnel d'Akbou, près de Béjaïa (à 250 km à l'est d'Alger), en Kabylie. Leur crime présumé ? Avoir bu du café, fin août lors du dernier ramadan, dans un local commercial fermé à Ouzellaguen, à une dizaine de km d'Akbou.
L'accusation a requis entre deux et cinq ans de prison lundi peu après l'ouverture du procès.
Deux ans de prison ferme
La police avait débarqué, visiblement sur dénonciation, et avait arrêté les prévenus, tous musulmans. Sept d'entre eux avaient été rapidement libérés tandis que le propriétaire du local avait été placé en détention provisoire jusqu'au 6 septembre. Selon un de leurs avocats, Me Abderrezak Ammar-Khodja, il sont désormais inculpés d'atteinte aux « préceptes de l'islam ».
Ce procès intervient après plusieurs affaires similaires. Selon la presse algérienne, à la mi-octobre dans la ville de Oum El Bouagui (500 km au sud-est d'Alger), un jeune homme a été condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de 100 000 dinars (environ 1 000 euros) pour n'avoir pas jeûné.
Par ailleurs, le procureur de Ain el Hammam (Kabylie, est algérien) avait requis trois ans de prison ferme contre deux chrétiens non jeûneurs... qui ont finalement été relaxés le 5 octobre. Le juge avait motivé sa décision par le fait qu'« aucun article (de loi) ne prévoit de poursuite » dans le cas de non respect du jeûne durant le ramadan. (Avec AFP)

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