13/10/2010 à 18h:34 Par Jeune Afrique
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Le général Ntaganda est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2006. Le général Ntaganda est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2006. © AFP

Sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI, l'ex-rebelle Bosco Ntaganda est l’ancien bras droit de Laurent Nkunda, qu’il a trahi en 2009. Intégré depuis dans l’armée congolaise, il est aujourd’hui la cible d’un communiqué incendiaire de l’ONG Human Rights Watch qui l’accuse de nouveaux crimes.

Le vent serait-il en train de tourner contre l’impunité en RD Congo ? Après le rapport de l’ONU sur les crimes commis dans l’Est en 1996-1998 et l’arrestation de Callixte Mbarushimana, le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) à Paris, le 11 octobre, les ONG tentent en tout cas de pousser l’avantage au maximum.

Ainsi, Human Rights Watch (HRW) n’a pas hésité à demander mercredi 13 octobre à la RD Congo d'arrêter « d'urgence » l'ex-rebelle Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, de Laurent Nkunda), qui est aujourd'hui général dans l'armée congolaise.

Celui-ci est déjà visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), délivré en 2006 pour crimes de guerre en 2002-2003 en Ituri (nord-est), quand il était dans la milice congolaise de l'Union des patriotes congolais (UPC, de Thomas Lubanga). Mais Kinshasa refuse de l'arrêter, le président congolais Joseph Kabila estimant que « la paix et la sécurité [à l'est] passent avant toute chose ». Des ONG congolaises avaient déjà demandé, en février 2009, qu'il soit livré à la justice internationale. En vain.

Des proches de Nkunda pris pour cibles

Au début de 2009, on s’en souvient, Ntaganda s’était rallié à Kinshasa. Il avait alors trahi le leader du CNDP, Laurent Nkunda, qui avait été arrêté peu après par les Rwandais. Mais selon HRW, il aurait été « impliqué » en 2010 dans au moins huit assassinats, sept arrestations arbitraires, ainsi que dans l’enlèvement et la disparition d’au moins une personne. « La majorité des personnes prises pour cible par Ntaganda sont des membres de la famille ou d'anciens partisans de Nkunda », affirme HWR.

Bosco Ntaganda serait notamment impliqué dans les assassinats de deux proches de Nkunda : le lieutenant-colonel ex-CNDP Antoine Balibuno, tué par balles le 14 septembre à Goma, et Denis Ntare Semadwinga, retrouvé égorgé le 20 juin à Gisenyi, une ville rwandaise frontalière de Goma.

En guise de preuves, HRW avance qu’« au moins un garde du corps de Ntaganda connu et des individus décrits par des témoins comme des agents de sécurité rwandais » auraient participé à l’assassinat de Semadwinga, un « ancien membre influent du CNDP » qui « aurait pu aussi être en contact avec le général (Faustin) Kayumba Nyamwasa ». Opposant virulent au président rwandais, Paul Kagamé, celui-ci est un ex-chef d'état-major de l'armée rwandaise exilé en Afrique du sud, où il a lui-même échappé en juin à une tentative d'assassinat.

En pointe contre les FDLR

Autre crime qui serait imputable à Ntaganda, HRW évoque l'enlèvement à Goma fin août d'un responsable d'un groupement d'ONG qui avait dénoncé les agissements des ex-CNDP. Il avait été détenu au secret, violenté pendant une semaine puis finalement relâché dans une forêt.

Le général Ntaganda a été intégré dans l'armée congolaise et basé à Goma (Nord-Kivu, est). Il est officiellement chargé de l'intégration des ex-CNDP dans l'armée mais, selon des rapports d'ONG et de l'ONU, il serait en fait le numéro 2 des opérations très controversées menées par Kinshasa dans l'est depuis mars 2009 contre les FDLR. HRW demande d’ailleurs à la Monusco (Mission de l'ONU en RD Congo) de suspendre son soutien aux opérations de l'armée congolaise tant que Bosco Ntaganda ne sera pas arrêté.

Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HRW et citée dans le communiqué, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Selon elle, Ntaganda « constitue une menace pour les habitants de l'est du Congo et il fait perdre toute crédibilité à la politique du gouvernement congolais de tolérance zéro pour les atteintes aux droits humains ». (Avec AFP)

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