Callixte Mbarushimana, le chef des FDLR arrêté à Paris en exécution d’un mandat de la CPI, est aussi un des responsables du génocide au Rwanda en 1994, selon l’association de rescapés tutsis, Ibuka.
L’arrestation de Callixte Mbarushimana en tant que secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) pourrait-elle occulter son rôle dans le génocide rwandais de 1994. Oui, craint le président de la principale association de rescapés tutsis, Ibuka (« souviens-toi », en rwandais), qui a estimé mercredi 13 octobre que le dirigeant des FDLR aurait d’abord dû être jugé pour ce crime avant d’être déféré devant la Cour pénale internationale (CPI).
« Son arrestation est en soi une bonne nouvelle mais elle ne devrait pas cacher son rôle dans le génocide commis contre les Tutsis au Rwanda en 1994 », a déclaré Théodore Simburudali, le président d'Ibuka.
Le dirigeant rebelle hutu rwandais a été interpellé à Paris , a-t-on appris lundi 11 octobre, en exécution d’un mandat d’arrêt émis contre lui par la CPI. Il est accusé de cinq chefs de crimes contre l’humanité et de six chefs de crimes de guerre, notamment de meurtres, viols, de tortures, de traitements inhumains et de destructions de biens, des crimes commis en République démocratique du Congo en 2009.
Le TPIR avant la CPI
Callixte Mbarushimana « s’est distingué dans les massacres de Tutsis », avec qui il travaillait au sein du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), à des barrages routiers dressés dans la capitale Kigali. Le président d’Ibuka, l’accuse en ces termes : « Il a utilisé le matériel du Pnud dans la recherche des Tutsis. »
Selon lui, le dirigeant des FDLR méritait d’être jugé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha en Tanzanie, avant sa comparution devant la CPI pour ses crimes postérieurs au génocide rwandais.
Mais Callixte Mbarushimana ne figure pas parmi les personnes recherchées par le Tribunal d’Arusha. Une enquête le concernant a cependant bien eu lieu. Elle portait sur son implication présumée dans le génocide, qui a fait 800 000 morts selon l’ONU, dont une majorité de Tutsis, en 1994.

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