14/09/2010 à 08h:39 Par Jeune Afrique
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Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo devront s'affronter le 19 septembre, sauf changement. Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo devront s'affronter le 19 septembre, sauf changement. © AFP

Après les affrontements meurtriers du week-end dernier, les réunions et les appels au calme se sont multipliés. Mais la situation paraît bloquée. La date du deuxième tour, prévu le 19 septembre, risque-t-elle d'être repoussée ?

C'est le branle-bas de combat général en Guinée pour tenter de désamorcer une crise qui pourrait remettre en question la tenue du second tour de la présidentielle, prévu le 19 septembre. À six jours du scrutin, le Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré a procédé lundi à plusieurs réunions.

Il a d'abord reçu séparément les deux finalistes du scrutin, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. « Jean-Marie Doré leur a demandé d'appeler leurs militants au calme. Il a dit qu'il ne pouvait y avoir de troubles en période électorale », a déclaré Bah Oury, le vice-président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti de Cellou Dalein Diallo.

Puis, dans l'après-midi, le Premier ministre a également convoqué les membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). « Il nous a dit que le gouvernement avait décidé de prendre ses responsabilités, qu'il voulait savoir où nous en étions exactement » dans les préparatifs du scrutin, a rapporté Pathé Dieng, directeur des opérations techniques de la Ceni. « La Ceni a répondu qu'elle était en train de faire une évaluation et Doré a dit : "Allez faire cette évaluation et revenez me voir mercredi." », a-t-il ajouté.

« Accepter le résultat des urnes »

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, essaye lui aussi de régler la crise, à distance et avec les moyens dont il dispose. Il a qualifié lundi les violences du week-end (qui ont fait un mort et cinquante blessés) d'« inacceptables » et appelé les deux candidats, auxquels il a téléphoné, « à l'apaisement ». Ceux-ci « m’ont réitéré leur détermination à honorer le Protocole de Ouagadougou [signé le 3 septembre, NDLR], à appeler leurs sympathisants au calme et à accepter le résultat des urnes », a précisé le ministre.

Malgré ces intentions de bonne volonté, certains observateurs commencent toutefois à douter de la possibilité de maintenir la date du second tour au 19 septembre. Ne serait-ce que parce que les causes des violences n'ont pas été traitées. Elles avaient éclaté après qu'un tribunal de la banlieue de Conakry eut condamné deux dirigeants de la Ceni, dont son président Ben Sékou Sylla, à un an de prison ferme pour « fraude électorale ». Et le Rassemblement pour la Guinée (RPG), le parti d'Alpha Condé, demande toujours que la présidente par intérim de la Ceni, Hadja Aminata Mame Camara, soit remplacée par une personnalité « neutre » car jugée trop proche de Cellou Dalein Diallo.

La visite de Compaoré « pas à l'ordre du jour »

Mais ce n'est pas la seule condition posée par le RPG à la tenue du scrutin, rappelle l'ancien ministre des Affaires étrangères François Lonsény Fall, porte-parole de la coalition soutenant le candidat Condé : « Une fois que des mesures correctives seront prises, on ira aux élections. Nous demandons la publication des listes électorales et la création effective de nouveaux bureaux de vote », a-t-il dit déclaré à l'AFP, tout en reconnaissant qu'il fallait « d'abord calmer les esprits : aucun des deux candidats n'a intérêt à ce que la situation dégénère ».

De leur côté, les partisans de Cellou Dalein Diallo accusent Alpha Condé de vouloir tout faire pour retarder le second tour « parce qu'il est sûr de perdre », disent-ils.

Quant au général Sékouba Konaté, qui préside la transition, il a demandé au président burkinabè Blaise Compaoré d'effectuer une nouvelle mission de médiation à Conakry, selon une source proche de la présidence guinéenne. Mais à Ouagadougou, on traîne les pieds. « Apparemment la situation est bloquée là-bas et il [le général Konaté, NDLR] a souhaité que le président vienne », ce qui n'est pour le moment « pas à l'ordre du jour », a déclaré une source proche de la présidence burkinabè. (avec AFP)

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