09/09/2010 à 08h:23 Par Jeune Afrique
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Mohamed Ould Abdelaziz lors d'une conférence de presse à Nouakchott, le 9 juilet 2010. Mohamed Ould Abdelaziz lors d'une conférence de presse à Nouakchott, le 9 juilet 2010. © AFP

À la veille de la fin du ramadan, le président mauritanien a prononcé une mesure de clémence envers des détenus et des condamnés pour complicité avec Aqmi. Une manière d'affirmer que la religion authentique n'est pas du côté des terroristes.

Cela s'appelle manier la carotte et le bâton. Après le raid du 22 juillet en territoire malien qui a fait sept morts dans les rangs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz vient de grâcier 35 islamistes. Ceux-ci étaient détenus, condamnés ou en instance de jugement dans des affaires de terrorisme, mais sont considérés par les services de sécurité comme des modérés. Ils se seraient engagés à « se conformer à l'islam sunnite tolérant » au cours d'un dialogue mené en janvier au sein de la prison par des théologiens mandatés par le gouvernement.

À la veille de la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de ramadan, la décision veut témoigner symboliquement de la clémence et du respect de la foi qui imprègnent les objectifs du gouvernement. Les prisonniers ont ainsi pu quitter la prison centrale de Nouakchott, mercredi, à la rupture du jeûne quotidien, pour rejoindre leurs familles.

Repentir officiel

Au cours d'une conférence de presse, le ministre de la Justice, Abidine Ould Elkheir, a précisé que cette grâce bénéficiait à 35 hommes : 15 déjà condamnés et 20 en détention préventive. Selon lui, ces libérations auraient concerné « presque 50 % » des détenus pour terrorisme. Ce qui signifie qu'il en resterait donc plus de 35 – et les plus radicaux - à la prison de Nouakchott.

Dans un entretien publié début septembre dans nos colonnes, le président avait laissé entendre qu'il pourrait décider de la libération de détenus ayant officiellement exprimé leur « repentir ». « Nous comprenons la situation de ces jeunes. Ils sont perdus et ont été embarqués dans des combats qui ne les concernent pas (...). Libre à moi de les gracier en tant que président ».

Otages contre prisonniers ?

Le chef de l'État avait en revanche réaffirmé qu'il restait « opposé à l’élargissement de prisonniers en échange de la libération d’otages ». S'est-il trop vite avancé, ou ses propos ne visaient-ils que des islamistes purs et durs et pas leurs proches collaborateurs, ou encore seulement les prisonniers mauritaniens ? Difficile à dire.

Toujours est-il que le 16 août, Nouakchott a extradé vers Bamako le Malien « Omar le Sahraoui », condamné par la justice mauritanienne pour l'enlèvement des trois Espagnols fin 2009. Un geste qui avait été interprété comme une aide à la libération des deux otages espagnols restants. D'autant qu'Omar le Sahraoui avait été libéré par Bamako presque en même temps que lesdits otages.

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