27/07/2010 à 18h:17 Par Pierre Boisselet
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Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner (à dr.) à Nouakchott le 26 juillet. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner (à dr.) à Nouakchott le 26 juillet. © AFP

Après la mort de l’otage français Michel Germaneau, le Premier ministre français François Fillon a déclaré que la France était « en guerre » contre Al-Qaïda au Maghreb islamique. Bernard Kouchner, le  ministre des Affaires étrangères, a entamé une mini-tournée en Mauritanie, au Mali et au Niger pour réaffirmer son soutien à la lutte contre le terrorisme.  

C’est une déclaration martiale qu’a fait le Premier ministre français lors d’une interview sur Europe 1 mardi 27 juillet au matin. François Fillon a affirmé que la France était « en guerre » contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), tout en assurant que son pays « ne pratiquait pas la vengeance ».

Rappelant que « la philosophie de la France a toujours été de négocier »,  il a assuré que Paris n’avait « jamais réussi à établir le moindre canal de discussion avec les ravisseurs de Michel Germaneau », supposant même que l’otage français était décédé depuis plusieurs semaines.

À  quelques milliers de kilomètres de là, son ministre des Affaires étrangères menait une série d’entretiens avec les chefs d’État de la région. Lors de sa première étape, à Nouakchott lundi, Bernard Kouchner a félicité la Mauritanie pour « ses efforts et ses succès pour la lutte contre le fanatisme » lors d’un entretien avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Espérant retrouver Michel Germaneau lors d’une « opération de la dernière chance » (dixit François Fillon), des forces spéciales françaises s’étaient mêlées à leurs homologues mauritaniennes pour attaquer un camp de la nébuleuse terroriste au Mali, jeudi 22 juillet au lever du jour.

Stratégie française énigmatique

La France compte poursuivre et approfondir cette coopération militaire avec la Mauritanie, a annoncé Bernard Kouchner. « La détermination de la Mauritanie portera ses fruits, parce que ce pays montrera le chemin aux autres pays », a-t-il prophétisé.

Mais si la France veut aujourd’hui que les autres pays prennent exemple sur la politique de fermeté de Mohamed Ould Abdel Aziz, Paris n’a pas toujours eu une ligne aussi claire, quitte à semer le trouble parmi ses alliés.

Pour obtenir la libération du Français Pierre Camatte en février dernier, Paris avait ainsi négocié de longs mois avec Aqmi et fait pression sur Bamako, qui détenait quatre islamistes réclamés par ses ravisseurs. Le Mali avait finalement plié – et Nicolas Sarkozy était venu en personne pour remercier. Cette libération avait entraîné la colère de la Mauritanie et de l’Algérie qui avaient rappelé leurs ambassadeurs.

Lors de l’opération de jeudi dernier, c’est le Mali qui semble avoir été maintenu à distance. D’après l’AFP, plusieurs « sources concordantes » affirment que Bamako n’avait pas été informé du raid, qui se tenait pourtant sur son territoire.

 « Le président Amadou Toumani Touré  - c'est tout à fait juste - pense  que les opérations doivent être coordonnées, que ce soit des opérations de plus grande ampleur contre Aqmi, contre le terrorisme », a déclaré Bernard Kouchner à la presse après sa rencontre avec le chef de l’État malien.
 

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