16/07/2010 à 16h:14 Par Jeune Afrique
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José Luis Rodriguez Zapatero, le 14 juillet 2010 au Parlement, à Madrid. José Luis Rodriguez Zapatero, le 14 juillet 2010 au Parlement, à Madrid. © AFP

Co-présider une réunion de l’ONU sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) avec Paul Kagamé a posé quelques problèmes de conscience à José Luis Rodriguez Zapatero. Il a préféré dépêcher sur place son ministre des Affaires étrangères.

Le chef du gouvernement espagnol et le président rwandais devaient diriger une réunion de l’ONU à Madrid, vendredi 16 juillet. C’est finalement Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères, qui s’est rendu à l’hôtel madrilène où se tenait le sommet sur les Objectifs du millénaire.

« Sensible aux critiques »

Le Premier ministre espagnol a cédé à la pression de partis politiques et d’ONG qui lui reprochaient  son mutisme face au choix « discutable » de Paul Kagamé comme coprésident de cette initiative des Nations unies. La Coordination des ONG espagnoles pour le développement (Congde) avait dénoncé jeudi « le choix questionnable de M. Ban Ki-moon » sur la personne de Paul Kagamé, et « la passivité de Zapatero qui a accepté sans objection d'agir aux côtés d'un présumé génocidaire ».
José Luis Zapatero s’est dit « sensible aux critiques » et à la demande qui lui a été faite ensuite de ne pas rencontrer le président rwandais.

Une quarantaine de militaires rwandais sont poursuivis par un juge espagnol. Il a émis en 2008 des mandats d’arrêt pour « génocide » et organisation d’affrontements ethniques dans les années 1990, pour s'emparer du pouvoir et mettre en place un « régime de terreur ». Il leur est notamment reproché d'avoir assassiné neuf missionnaires et coopérants espagnols, témoins de massacres.

« Simple maquillage »

Le juge Fernando Andreu a par ailleurs lancé des accusations détaillées contre le président Kagamé, sans pour autant le poursuivre, en raison de son immunité de chef d'État. Kigali a toujours démenti ces allégations.
La décision de José Luis Zapatero de ne pas rencontrer Paul Kagamé n’a cependant pas satisfait les familles des neuf Espagnols - qui auraient été tués par les milices tutsies du président Kagamé avant son accession au pouvoir. Ils ont qualifié sa volte-face de « simple maquillage », arguant que les deux dirigeants ne figureraient certes pas ensemble sur les photos officielles, mais que le chef du gouvernement espagnol restait jusqu’à présent toujours associé à l’initiative de l’ONU aux côtés de son homologue.

« Le président [du gouvernement]  Zapatero n'a pas décliné, jusqu'à présent, l'invitation à co-présider cette initiative », a dénoncé leur avocat, Me Jordi Palou. Miguel Angel Moratinos va rencontrer Paul Kagamé « et ils vont sûrement négocier et parler, logiquement, du processus judiciaire » en cours, a critiqué l'avocat.

« Aller de l’avant »

La réunion, qui devait initialement se dérouler à la Moncloa, siège du gouvernement espagnol, a été déplacée dans un grand hôtel de la capitale, après la décision de dernière minute de José Luis Rodriguez Zapatero de ne plus y participer.
Initiée par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, il s’agit de la première rencontre des différents membres du groupe de contact sur les OMD. Ce groupe a été créé en juin dernier et vise à stimuler les efforts en vue de réaliser d'ici à 2015 les OMD, afin de réduire l'extrême pauvreté à travers le monde. Un sommet sur ce thème est prévu en septembre au siège des Nations unies à New York.

« Nous allons nous réunir avec les groupes politiques pour leur expliquer la décision » du Premier ministre espagnol, a indiqué la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega à la télévision espagnole.  Avant de conclure : « L'important, c'est que les Objectifs du millénaire continuent d'aller de l'avant. »

 

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