Un peu plus d’un mois après l’expulsion du bureau du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), la Libye a annoncé la régularisation d’environ 400 immigrés érythréens. Une proportion infime au vu du nombre de clandestins présents sur le sol de la Jamahiriya.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères libyen assure que toutes les mesures seront prises pour accueillir et offrir une « vie décente » aux réfugiés érythréens.
Cette mesure vise à les protéger de l’exploitation des trafiquants d’immigrés. Pour bénéficier de ce traitement de faveur, les clandestins n’auront qu’à se faire établir des pièces d’identité par leur ambassade.
2 millions d'étrangers
L’entreprise, encourageante, semble dérisoire au vu du nombre d’étrangers résidants sur le sol libyen. En raison de sa position géographique, la Jamahiriya représente pour certains africains la zone de passage privilégiée pour l’eldorado européen. Pour d’autres, l’éventualité d’une vie meilleure. En 2009, on estimait à 2 millions de nombre d’étrangers en situation irrégulière, vivotant dans des camps de fortune, lorsqu’ils n’étaient pas recasés dans des centres de rétention.
Avec ses 1770 kilomètres de frontières maritimes et ses six voisins, la Libye a du mal à juguler l’afflux d’étrangers. Alors, elle expulse à tour de bras.
La normalisation de ses relations avec l’Europe ont définitivement enterré les espoirs des clandestins. En vertu des accords qui lient l’Italie et l’état libyen, les candidats à l’immigration interceptés au large des côtes italiennes sont aussitôt parqués au camp de rétention de Lampedusa (dans le sud de l’Italie). Ils sont par la suite expulsés vers la Libye, d’où ils sont renvoyés chez eux, manu militari. Environ 10 000 africains, qu’ils soient subsahariens ou maghrébins, quittent de force la Libye tous les ans.
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