08/07/2010 à 19h:22 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Bernard Kouchner, actuellement sous le feu des critiques. Bernard Kouchner, actuellement sous le feu des critiques. © AFP

L’opposition mauritanienne accuse le chef de la diplomatie française d’avoir reconnu une « ingérence » dans le pays après le putsch de 2008. En cause, la « fierté » exprimée par Bernard Kouchner sur la gestion française des coups d’État en Mauritanie, au Niger et à Madagascar.

Kouchner, pris la main dans le sac ? C’est en tout cas ce que veut croire l’opposition mauritanienne. Cette dernière s’est vivement insurgée contre les propos du chef de la diplomatie française devant l’Assemblée nationale mardi.

Sous le feu des critiques après la sortie de l'ex-ambassadeur au Sénégal, Jean-Christophe Rufin, qui l’accuse d’avoir été « marginalisé » par le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant, Bernard Kouchner avait été pris à partie par l'opposition mauritanienne.

« Nous sommes fiers de ce que nous avons fait après les coups d'État en Mauritanie, au Niger ou à Madagascar » avait-il lancé dans sa réponse.

Diplomatie critiquée

Pour la Coordination de l’opposition démocratique (COD), qui ne pardonne pas la caution française au régime du général Mohamed Ould Abdel Aziz (auteur d’un coup d’État en août 2008, avant d’être élu président un an plus tard), il s’agit d’un aveu. « Ces propos tenus par le ministre français des Affaires étrangères devant le parlement de son pays nous ont particulièrement surpris - et choqués - (...) par la confirmation qu'ils apportent, si officiellement, de l'ingérence de la France dans les affaires intérieures de notre pays », écrit l’organisation dans un communiqué.

La COD se dit étonnée que la diplomatie française puisse « investir tout son crédit diplomatique et ses relations de grande nation pour légitimer chez nous, par un scrutin sur lequel planent de sérieux soupçons d'irrégularités, un général qui venait de renverser par la force des armes un régime démocratiquement élu ».

Impulsion élyséenne

En réalité, la France avait eu une position plus ambigüe. Le Quai d’Orsay avait, dans un premier temps, fermement condamné le renversement du président civil Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu quinze mois plus tôt, par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Mais, notamment sous l’impulsion de l’Élysée, Paris avait rapidement repris contact avec le général putschiste. La France avait alors incité Mohamed Ould Abdel Aziz à organiser une élection présidentielle.

Ce fut chose faite en juillet 2009, avec la victoire, dès le premier tour, de Mohamed Ould Abdel Aziz. Malgré les critiques de l’opposition (selon qui le scrutin était entaché de fraudes), la France et plus largement la communauté internationale, avait reconnu cette élection.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Le calvaire de Floribert Chebeya

Article précédent :
Mootassem en disgrâce

Réagir à cet article

Mauritanie

Libye : l'ex-chef du renseignement Abdallah Senoussi inculpé en Mauritanie

Libye : l'ex-chef du renseignement Abdallah Senoussi inculpé en Mauritanie

Le chef des renseignements libyens du régime Kaddafi, Abdallah Senoussi, a été inculpé et incarcéré dans la capitale mauritanienne, dans la nuit du 20 au 21 mai, selon une source judicia[...]

Tournoi de football en Palestine : quatre joueurs mauritaniens coincés en Jordanie

Conviés au tournoi international de football de la Nakba en Palestine, organisé à l’occasion de la commémoration de l’exode forcé des Palestiniens en 1948, les Mauritaniens ont [...]

Aqmi : les héritiers de Ben Laden

Installé au Mali depuis une quinzaine d'années, le journaliste béninois Serge Daniel s'est penché sur l'évolution de la nébuleuse djihadiste.[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Force d'intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l'envoi d'une force d'intervention, elle a précisé que l'opération ne se ferait pas sans le[...]

L'avenir est dans la minoterie : Éric-Bastien Ballouhey

Le Français dirige les Grands Moulins de Mauritanie, le premier moulin industriel du pays, qu'il a créé en 2001.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Mauritanie : Aziz fait de la résistance

Face aux attaques de l'opposition, qui surfe sur la grogne sociale et le mécontentement de la jeunesse, le chef de l'État Mohamed Abdelaziz, fort du soutien d'une partie de la population, a choisi de rendre coup pour[...]

Cedeao : déploiement militaire en Guinée-Bissau et au Mali, coût estimé à 577 millions de dollars

Le 26 avril, 11 chefs d'État de la Cedeao se sont réunis à Abidjan afin d'apporter une solution aux crises que traversent le Mali et la Guinée-Bissau. Non sans divergences, les membres de la Cedeao se[...]

Les Négro-Mauritaniens se sentent enfin chez eux... ou presque

Amorcé en janvier 2008, le "rapatriement volontaire organisé" des Négro-Mauritaniens expulsés il y a près de vingt ans a pris fin le 25 mars.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers