02/07/2010 à 09h:08 Par Jeune Afrique
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Des magazines dans un kiosque à Casablanca, le 5 août 2009. Des magazines dans un kiosque à Casablanca, le 5 août 2009. © AFP

Accusé de vol, Ali Amar vient d’écoper d’une amende assortie d’une peine de prison avec sursis. Il dénonce un "procès politique".

Ali Amar, journaliste marocain indépendant et auteur d’un livre critique à l’égard du pouvoir, vient d’être condamné, jeudi 1er juillet, à trois mois de prison avec sursis et à 3 628 euros de dommages et intérêts. Il était jugé après une plainte déposée contre lui par une ancienne associée, la Française Sophie Goldring, qui l’accusait de lui avoir volé une ordinateur portable et un chèque d’un montant de 2 000 euros.

À l’annonce du verdict, la plaignante s’est dite « soulagée », expliquant qu’elle ne souhaitait pas voir Ali Amar emprisonné par sa faute : « Je voulais qu'il soit condamné, sans plus », a-t-elle déclaré.

« Journalistes au franc-parler »

Ali Amar, qui n’a jamais reconnu les faits, a indiqué qu’il souhaitait faire appel, d’autant qu’il affirme être en possession d’une facture prouvant que l’ordinateur en question lui appartient bien. Selon lui, il est au cœur d’un procès « inique, incohérent avec des soubassements politiques ». Le journaliste a en effet signé en 2009 Mohammed VI, le grand malentendu (Calmann-Levy), un ouvrage polémique sur le règne de l’actuel roi du Maroc.

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a accusé le 9 juin les autorités marocaines d'humilier et « harceler, apparemment pour des raisons politiques, deux journalistes au franc-parler », à savoir Ali Amar et sa collègue Zineb El Rhazoui. Celle-ci, fondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), ne fait pas l'objet de poursuites mais une quinzaine de policiers ont forcé un matin très tôçt la porte de son appartement, alors qu’Ali Amar s’y trouvait également. Une pratique « en violation apparente de la loi marocaine », estime HRW. Ali Amar a été entendu par la police le 5 juin avant d’être placé en garde à vue le lendemain.

Les deux journalistes ont travaillé pour le Journal Hebdomadaire, une publication marocaine indépendante qui a cessé de paraître en janvier dernier pour non paiement de dettes.

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