Extension Factory Builder
30/06/2010 à 12:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Edem Kodjo a été Premier ministre du Togo et secrétaire général de l’OUA. Edem Kodjo a été Premier ministre du Togo et secrétaire général de l’OUA. © Camille Millerand pour J.A.

Quel regard le chef de la mission d’observation de l’Union africaine, Edem Kodjo, porte-t-il sur le processus électoral guinéen ? Il a répondu à jeuneafrique.com, avant l'annonce officielle des résultats provisoires de la présidentielle du 27 juin. Interview.

Edem Kodjo dirige la mission d’observation de l’Union africaine (UA) en Guinée. L’ex-Premier ministre du Togo et ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) livre à jeuneafrique.com son sentiment sur le scrutin du 27 juin et donne ses recommandations pour que le processus électoral se poursuive dans le calme.

Jeune Afrique : Le général Sékouba Konaté, président de la transition, s'était engagé à organiser une élection présidentielle libre dans un délai de six mois. A-t-il, selon vous, tenu cette gageure ?

Edem Kodjo : Le défi d’organiser ces élections a non seulement été relevé, mais il l’a été avec succès. Ce que les Guinéens ont fait est remarquable. Cela prouve bien que l’Afrique est un continent qui se bat. Ce pays affiche des signes positifs. J’ai toujours cru à l’engagement du général Sékouba Konaté car c’est un homme sincère. Néanmoins, compte tenu du précédent historique de la Guinée, les sceptiques avaient raison de ne pas y croire.

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer des fraudes et des irrégularités, tandis que la mission d’observation de l’UA conclut à un scrutin «  libre, transparent et démocratique »…

Les missions d’observation ne sont pas des missions d’enquête policière. Il y a sans doute des choses qui ont pu nous échapper. Par exemple, il y a eu quelques petits problèmes avec les urnes, les gens ne sachant pas toujours comment les sceller. Mais cela est dû à la méconnaissance, et non à un désir de frauder. Nous estimons que ce que nous avons vu est éminemment positif. Et si les candidats soupçonnent des fraudes, ils peuvent se rapprocher des organes qui gèrent ce genre de choses.

Le plus difficile est à venir : la publication des résultats, et leur acceptation… Comment envisagez-vous l’après-scrutin ?

Il est vrai que les ambitions sont assez aiguisées et que, parmi les candidats, il y en a plusieurs qui sont fermement convaincus de leur primauté et de leur influence dans le pays. Il suffirait de peu pour que nous ayons quelques difficultés. Mais le président, Sékouba Konaté, a mis tout le monde en garde lors de sa dernière rencontre avec l’ensemble des candidats (samedi 26 juin, NDLR). Chacun doit en tenir compte. Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui des leaders guinéens qui souhaitent un retour en arrière. L’acceptation des résultats fait partie du comportement démocratique. On peut être lésé, mais il faut toujours donner la priorité à la paix et au dialogue, d’autant que la Guinée devra rassembler ses fils et ses filles.

Le vote du 27 juin s’est déroulé dans le calme. Mais durant toute la campagne, les militants des différents partis ont montré un enthousiasme exceptionnel. Les candidats malheureux ne pourraient-ils pas être dépassés par la réaction de leurs sympathisants ?

Un leader doit avoir de l’influence sur ses troupes et il lui appartient de les appeler au calme. Je ne crois pas beaucoup à la thèse du débordement. S’il n’y a pas de manipulation, il n’y aura pas de débordement. Si les leaders se succèdent à la télévision pour appeler le peuple guinéen au calme, à la modération et à la tempérance, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas un succès.

Ci-dessous, notre diaporama "La Guinée vote", par Youri Lenquette.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Guinée

Quand Sékouba Konaté se lâche

Quand Sékouba Konaté se lâche

On le croyait taiseux, encore empreint d'une rigueur très militaire. Mais ça, c'était avant : l'ancien président de la transition est aujourd'hui décidé à régler ses [...]

Carte interactive : ces événements menacés ou annulés à cause d'Ebola

Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en décembre 2013, une dizaine d'événements ont été annulés sur le continent. D'autres, censés se[...]

Naufrage d'une pirogue en Guinée : 10 morts, des dizaines de disparus

Au moins dix personnes ont péri et plusieurs dizaines étaient portées disparues en Guinée après le naufrage d'une pirogue surchargée vendredi dans le sud du pays, a-t-on appris de[...]

Ebola : le FMI "prêt à faire plus" pour la Guinée durement touchée

Le Fonds monétaire international (FMI) est "prêt à faire plus si nécessaire" pour la Guinée, l'un des trois pays africains les plus affectés par l'épidémie[...]

Prostitution et sexe 2.0 en Afrique

Nouvelles technologies, marketing, offre et demande, concurrence... À bien des égards, en Afrique aussi, les relations tarifées ressemblent de plus en plus à un business comme un autre.[...]

Ebola : contrôles renforcés aux aéroports des États-Unis et du Canada

Après la mort mercredi du patient atteint d'Ebola au Texas, Washington et Ottawa ont annoncé le renforcement du contrôle des voyageurs en provenance de tous les pays africains touchés par le virus.[...]

Banque mondiale : Ebola pourrait coûter 32,6 milliards de dollars

Selon un rapport de la Banque mondiale sur "l'impact économique d'Ebola" en Afrique de l'Ouest, le pire pourrait être à venir pour les pays touchés si une "réponse[...]

Ebola : la Guinée malade de ses voisins

Moins touché que le Liberia et le Sierra Leone, le pays espère maîtriser l'épidémie d'Ebola. Un objectif que ses frontières poreuses et son territoire mal contrôlé[...]

L'UA plaide pour "plus de ressources humaines" dans la lutte contre Ebola

Lors d'une réunion de l'Organisation de coopération et de développement (OCDE), tenue lundi à Paris, l'Union africaine (UA) a plaidé pour l'envoi de plus de personnel pour mieux lutter contre[...]

Ebola : cinq nouveaux cas par heure en Sierra Leone ?

La progression d'Ebola n'en finit plus d'affoler à travers le monde. Jeudi, une conférence s'est ouverte à Londres afin d'appeler la communauté internationale à accroître son aide[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers