06/05/2010 à 16h:42 Par Jeune Afrique
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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. © Reuters/Shannon Stapleton.

Au cours d'une interview retransmise par la chaîne américaine ABC, le président iranien a fait part d'une hypothèse surprenante sur la localisation du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden. Selon lui, le terroriste le plus recherché du monde se trouverait là où l'on s'y attend le moins :  à Washington.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a le sens de la répartie. Il l’a encore prouvé, mercredi 5 mai, lors d’une interview télévisée aux États-Unis où il avait prononcé, lundi, un discours à la tribune des Nations unies à New York, pour l'ouverture de la conférence de suivi du traité de non-prolifération nucléaire.

Interrogé par un journaliste de la chaîne de télévision américaine ABC pour savoir si Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda, n'était pas, par hasard, caché en Iran, M. Ahmadinejad a qualifié cette supposition de « risible ». Avant de rétorquer, tout de go : « J'ai entendu dire qu'il se trouvait à Washington… »

Et, le plus sérieusement du monde, le président iranien continue sur sa lancée, devant le journaliste médusé. « C'est vrai. Il y est. Car c'est un ancien partenaire de M. Bush. Ils étaient collègues, en fait, autrefois. Ils étaient ensemble dans le pétrole, ils ont travaillé ensemble. M. Ben Laden n'a jamais coopéré avec l'Iran, mais il a coopéré avec M. Bush », a poursuivi le chef de l’État iranien, sans préciser de quel ancien président américain il parlait : George Bush (1989-93), ou son fils George W. Bush (2001-2009). « Vous pouvez être sûr qu'il [Ben Laden, NDLR] se trouve à Washington. Je pense qu'il y a de fortes chances qu'il y soit », a-t-il conclu.

Conciliant envers Obama

Lors du même entretien à ABC, Ahmadinejad a fortement critiqué la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, estimant qu'elle « cherche à amener rapidement les relations avec l'Iran à un point de confrontation ». La chef de la diplomatie américaine « prend constamment des mesures » contre le gouvernement iranien, a-t-il accusé. « Les prises de position comme les actes de Mme Clinton violent les droits de l'Iran en ce qui concerne la question nucléaire. C'est tout à fait clair », a martelé le président iranien.

Curieusement, Ahmadinejad a paru plus modéré à l'égard du président américain Barack Obama. « Sur la base des informations que nous avons, telle n'est pas l'opinion de M. Obama, mais il y a beaucoup de pression autour de lui », a-t-il observé. Une attitude conciliante qu’il faut sans doute mesurer à l’aune de la popularité du premier président métis des États-Unis…

Au final, les autorités américaines ont préféré prendre la sortie du président iranien avec le sourire. « Ces dernières heures, nous avons mené des recherches intensives dans tous les coins et recoins du département d'Etat, et nous pouvons rapporter, rassurés, qu'Oussama ben Laden n'est pas là », a lancé le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, lors de son point de presse quotidien.

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