23/04/2010 à 11h:02 Par Jeune Afrique
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Le stade Moses-Mabhida, à Durban, risque de voir passer peu d'Africains, en dehors des locaux. Le stade Moses-Mabhida, à Durban, risque de voir passer peu d'Africains, en dehors des locaux. © JON HRUSA/EPA/CORBIS

Sud-Africains exceptés, seuls 11 300 supporteurs du continent ont déjà pris leurs billets pour les matchs de la Coupe du monde de football, qui se tiendra du 11 juin au 11 juillet 2010 au pays de Mandela. Vente exclusive en ligne et tarifs prohibitifs semblent responsables de cette faible affluence.

Pour la première fois organisée en Afrique, la Coupe du monde sera-t-elle une grande fête pour tout le continent ? Sur les écrans de télévision, assurément… Mais dans les stades, ce sera sans doute bien différent. Les supporteurs de la nation Arc-en-Ciel qui accueillent l’événement risquent en effet d’être les seuls Africains à profiter du spectacle en direct, ou presque.

D’après une étude du cabinet d’audit et de conseil Grant Thornton, pas plus de 11 300 supporters du continent (hors Afrique du Sud) ont déjà réservé leurs billets. À moins de cinquante jours du coup d’envoi, ils ne détiennent au total que 2 % de l’ensemble des billets vendus, même s’ils représentent environ 3 à 5 % des 200 000 à 300 000 visiteurs attendus.

Estimations revues à la baisse

La précédente estimation était pourtant beaucoup plus optimiste : les supporteurs africains devaient être près de 50 000. « Cela montre que les circuits de distributions sont défaillants et que les niveaux de prix sont trop élevés », affirme le cabinet Grant Thornton dans un communiqué publié mercredi 21 avril.

La Fédération internationale de football association (Fifa) et le comité local d’organisation, qui fixent ensemble les prix des billets, semblent n’avoir pas fait d’effort particulier pour les Africains. Le prix moyen d’une place (104 euros) est même légèrement supérieur à celui de la dernière Coupe du monde, organisée en Allemagne. Et si les places les moins onéreuses restent abordables (14 euros pour un match de poule en catégorie 4), elles sont réservées aux seuls résidents sud-africains.

Autre problème : à l’étranger, la vente des billets se fait exclusivement avec une carte de crédit et sur Internet. Deux conditions qui peuvent s’avérer discriminantes sur un continent où les taux d’accès au réseau et au système bancaire reste faibles. Du coup, les organisateurs prévoient l’arrivée de 85 000 Africains sans billets pendant la compétition.

La Fifa lâche du lest

En Afrique du Sud, la politique de paiement exclusivement en ligne, imposée par la Fifa, avait déjà fait l’objet de vives critiques. L’organisation avait dû corriger le tir en ouvrant les réservations aux paiements en espèces, le 15 avril. Preuve de l’engouement suscité par ce moyen de paiement, les Sud-Africains se sont alors rués sur les points de vente et plus de 100 000 billets ont été écoulés en deux jours.

Les places les plus vendues concernent des rencontres impliquant des équipes du continent, au premier rang desquelles, bien sûr, les Bafana Bafana, la sélection sud-africaine. Ainsi, même si les Algériens, Camerounais, Ivoiriens, Ghanéens et Nigérians auront du mal à venir soutenir leur équipe, ces dernières ne devraient pas jouer devant des tribune vides.

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