Des passagers patientent à l'aéroport français de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 20 avril 2010.
© AFP
Le trafic aérien européen, paralysé depuis cinq jours par l’éruption d’un volcan islandais, a repris progressivement, mardi 20 avril. Mais la situation est loin d'être normalisée, puisqu'un nouveau nuage de cendres volcaniques menace d'arriver en Grande-Bretagne.
Les vols reprennent progressivement, mardi, dans le nord de l'Europe, alors que plusieurs millions de voyageurs à travers le monde attendent toujours de pouvoir prendre leur avion. L'éruption d'un volcan, le 14 avril dans le sud de l'Islande, a provoqué des problèmes d’organisation sans précédents et des pertes historiques pour les compagnies aériennes.
Les conséquences de cette paralysie européenne se font d’ailleurs ressentir jusqu’en Afrique où de nombreux appareils restent cloués au sol et où les produits destinés à l’exportation, comme les roses kenyanes, pâtissent de la situation. Mais si la reprise du trafic est réelle, la situation reste chaotique. Les restrictions de vols et les annulations dépendent encore largement des pays et des compagnies concernés.
Un premier appareil à Roissy venant d’Abidjan
En France, le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé que les aéroports parisiens de Roissy-Charles de Gaulle et Orly assureraient « progressivement dans la journée » les trois quarts des vols internationaux. De fait, le premier avion, en provenance d'Abidjan (Côte d'Ivoire), s'est posé à Roissy dès 6 h du matin.
La compagnie aérienne Lufthansa a, pour sa part, estimé qu’elle pourrait assurer « environ 200 vols » dans la journée, soit moins de 15 % de son trafic mondial habituel. Dans le nord du Royaume-Uni, l'espace aérien a rouvert comme prévu mardi à 7 h (heure locale, 6 h GMT). Mais si la compagnie aérienne British Airways espère reprendre ses vols long-courriers après 16 h, elle a annulé l’ensemble de ses vols court et moyen-courriers pour la journée. En ce qui concerne la compagnie à bas coûts EasyJet, tous les vols en Europe du Nord ont été annulés jusqu’à 16 h GMT, tandis que ceux au sud de l'Europe ont été maintenus.
La Norvège, elle aussi, a de nouveau fermé, mardi matin, une partie de son espace aérien dans le sud-ouest du pays. L'Irlande a, quant à elle, repoussé jusqu'à « au moins » 12 h GMT la réouverture de son espace aérien.
Un nouveau nuage de cendres
Hier soir, une réunion des ministres des Transports européens avait permis un assouplissement des restrictions de vol imposées depuis jeudi dernier dans une grande partie de l'Europe. La présidence espagnole de l'Union européenne avait indiqué que le trafic aérien allait reprendre « progressivement » au plus tard mardi à 6 h GMT.
L'Union européenne a établi trois zones géographiques : l'une proche du centre des émissions de cendre du volcan islandais, dans laquelle les restrictions au trafic demeureront « absolues », une seconde où elles seront levées mais où la situation évoluera en fonction des relevés scientifiques, et une troisième « ne nécessitant aucune restriction d'aucun type ».
Le retour complet à la normale du trafic aérien est attendu d'ici jeudi, « si les choses continuent comme elles sont actuellement et que le volcan cesse d'émettre des cendres vers l'Europe », estime l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, Eurocontrol.
Les services britanniques du trafic aérien (NATS) ne partagent cependant pas cet optimisme. Ils ont annoncé, lundi soir, que l'éruption s'était intensifiée et qu'un nouveau nuage de cendres se dirigeait vers la Grande-Bretagne. (avec AFP)

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