09/03/2010 à 23h:25 Par Jeune Afrique
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Des supporters du président ivoirien Laurant Gbagbo, le 6 mars 2010 à Abidjan Des supporters du président ivoirien Laurant Gbagbo, le 6 mars 2010 à Abidjan © AFP

Le Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel) réclame désormais un renouvellement des commissions électorales locales et une réforme du processus de règlement des contentieux sur les listes électorales. L'opposition le met en garde contre toute manoeuvre dilatoire, alors que l'élection présidentielle est toujours officiellement prévue pour "fin avril-début mai".

Alors que la presse ivoirienne tente d'imaginer le prochain motif qu'invoquera le chef de l'Etat Laurent Gbagbo  pour "retarder" l'élection présidentielle - toujours officiellement programmée pour "fin avril-début mai",  le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) ne fait rien pour démentir ces rumeurs. "Nous voulons un mécanisme pour extirper les fraudeurs [à la nationalité, NDLR] de la liste", a déclaré Martin Sokouri Bohui, secrétaire national aux élections du FPI, qui estime que le système prévu par la Commission électorale indépendante (CEI), récemment formée le 27 février après la dissolution de la précédente par Gbagbo quinze jours plus tôt, "ne permet pas de déceler les nombreux étrangers" présents, a-t-il dit. En clair, selon lui, il faut également revoir la composition des CEI locales.

"Le travail que la CEI doit faire maintenant, c'est de faire en sorte que nous ayons des listes propres. Tant qu'elles ne le seront pas, on n'ira pas aux élections", a-t-il ajouté. Ce qui revient à une nouvelle déclaration de défiance à l'égard de la CEI, justement chargée de traiter les contentieux sur la liste électorale. Selon le mode opératoire prévu, cette opération doit passer par des réclamations devant les CEI locales et éventuellement devant les tribunaux.

"Point de blocage" pour l'opposition

"Il n'est pas question de mettre à l'ordre du jour le renouvellement des commissions locales" ni la révision du mode opératoire du contentieux sur la liste, a réagi Mamadou Sanogo, secrétaire national aux élections au Rassemblement des républicains (RDR) de l'opposant et ex-Premier ministre Alassane Ouattara. "Ce serait un point de blocage", a-t-il prévenu, mettant en cause le camp Gbagbo qui, selon lui, présente "des alibis très fallacieux" pour renvoyer le scrutin présidentiel à "la période d'octobre 2010". Ce qui permettrait au chef de l'Etat d'achever un cycle de dix ans de pouvoir.

La CEI avait été dissoute le 12 février, après des violences de militants d'opposition contre des procès ouverts à la demande du camp présidentiel pour radier de présumés étrangers des listes électorales. Institution basée sur la participation des représentants de partis politiques, la CEI est chargée d'organiser le prochain scrutin présidentiel, reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en décembre 2005. L'élection est censée clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002. Le Premier ministre Guillaume Soro a souhaité sa tenue d'ici juin.
 

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