25/02/2010 à 18h:53 Par Elise Colette, envoyée spéciale
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Nicolas Sarkozy rend hommage aux victimes du génocide rwandais de 1994, à Kigali le 25 février 20 Nicolas Sarkozy rend hommage aux victimes du génocide rwandais de 1994, à Kigali le 25 février 20 © Reuters

En visite officielle au Rwanda, une première depuis le génocide de 1994, le président français a choisi de ne pas demander pardon pour les « fautes » commises par la France au Rwanda au début des années 1990. Il a néanmoins reconnu "de graves erreurs d'appréciation".

"Et maintenant, nous allons voir le rôle de la France dans le génocide", explique Freddy Umutanguha, le directeur du Mémorial de Gisozy - dédié au génocide rwandais de 1994 -, à Kigali. Il est 11 heures, ce jeudi 25 février. Lui-même rescapé des massacres, Umutanguha s'adresse à Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat français, qui vient d'arriver à Kigali pour sceller avec son homologue rwandais, Paul Kagamé, la réconciliation entre les deux pays.
Sur la photo que montre le directeur du Mémorial, on peut voir des jeunes miliciens courant à coté d'une Jeep française. Dans les commentaires inscrits sur les panneaux relatant la marche vers le génocide et décrivant "l'apocalypse", la France est clairement considérée comme responsable.

« Rôle actif de la France dans le génocide »
"La France avait joué un rôle actif en armant et en entraînant les forces armées rwandaises pendant la guerre civile", peut-on lire sur une des légendes explicatives, du moins si l’on s’attarde dessus. Mais ce n'est pas ce que Nicolas Sarkozy a décidé de faire. Sans laisser son interlocuteur terminer sa phrase ni lui donner le temps de lui rappeler que Kofi Annan, Bill Clinton et Guy Verhofstadt avaient présenté leurs excuses au peuple rwandais pour l'inaction de la communauté internationale, le président français a accéléré le pas pour de rendre dans la salle suivante.
Si Nicolas Sarkozy a choisi de venir à Kigali – un geste fort puisque la France et le Rwanda n'ont rétabli leurs relations diplomatiques qu'en novembre dernier -, il ne compte pas aller jusqu'à demander pardon pour le rôle de la France dans le génocide. Réconciliation, après trois ans de brouille liées aux procédures judiciaires entamées en France contre le camp Kagamé, oui. Reconnaissance des erreurs commises par la France, oui. Demander pardon, non.
C'est ce qu'il a clairement exprimé, lors de la conférence de presse tenue par les deux chefs d'Etat. Il y a eu de "graves erreurs d'appréciation, une forme d'aveuglement quand nous n'avons pas vu la dimension génocidaire du gouvernement du président assassiné, des erreurs dans une opération Turquoise engagée trop tardivement et sans doute trop peu", a reconnu Nicolas Sarkozy. Tandis que Paul Kagamé refusait d'être "l'otage du passé" alors que "les erreurs ont été reconnues".

Une paraphe minimaliste
"Au nom du peuple français, je m'incline devant les victimes du génocide des Tutsis. L'humanité conservera à jamais la mémoire de ces innocents et de leurs martyrs." C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a paraphé le livre d'or du Mémorial, avant de rejoindre son hôte au village d'Urugwiro, l'enceinte de la Présidence rwandaise.
Nicolas Sarkozy est arrivé à Kigali ce matin à 8h30 (GMT). C'est la première visite d'un chef d'État français au Rwanda depuis le génocide. Le Rwanda avait rompu les relations diplomatiques avec la France il y a trois ans.
 

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