22/02/2010 à 14h:45 Par Rémi Carayol
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Repiquage de riz pendant la saison des pluies au Burkina Faso Repiquage de riz pendant la saison des pluies au Burkina Faso © PXP Gallery

L’un des problèmes majeurs qui se pose aux paysans africains est l’accès aux engrais. L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), dirigée par Kofi Annan, en a fait son cheval de bataille. Mais l’agriculture africaine connaît bien d’autres difficultés, comme l’ont constaté les participants au 10e Forum de Bamako qui a clos ses travaux dimanche 21 février.

Les chantiers sont nombreux pour rendre l’agriculture africaine compétitive au niveau international. Parmi ceux-ci, l’approvisionnement en intrants est jugé essentiel par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), une association présidée par Kofi Annan et présente dans une douzaine de pays africains. « Les Africains utilisent trop peu d’engrais », affirme André Bationo, directeur du bureau Afrique de l’Ouest de l’AGRA.
« Nos paysans pratiquent toujours l’agriculture biologique : c’est l’une des raisons qui expliquent pourquoi l’Afrique est en retard. Ils en utilisent 8 kg par hectare alors que la moyenne mondiale est de 100 kg / hectare… », explique Bationo. Selon lui, la marge de progrès est énorme : avec des engrais, une production de céréales peut être multipliée par 12, passant de 500 kg à 6 tonnes par hectare. Et de rappeler le rôle moteur de l’agriculture dans la croissance. « Les graphiques montrent que plus vous utilisez des engrais, plus le PNB du pays s’élève », affirme-t-il.

Faiblesse des crédits d’investissement
Lamissa Diakité, agro-économiste à l’Institut d’économie rurale de Bamako, partage le même constat. « Il faut augmenter la consommation en intrants agricoles - semences, engrais, pesticides, produits vétérinaires - et favoriser l’utilisation de matériel agricole », martèle-t-il. Problème : les paysans gagnent peu (moins de un dollar par jour) et les engrais coûtent quatre fois plus cher en Afrique que dans le reste du monde. Parallèlement, l’accès aux crédits d’investissements est très limité. Enfin, les paysans ne sont pas suffisamment formés. « J’ai vu des agriculteurs utiliser des engrais pour le coton dans la culture de céréales », témoigne un des participants du Forum de Bamako.
Certains États ont essayé de répondre au problème en régulant l’approvisionnement en intrants. Mais la transparence des appels d’offres et leur efficacité sont de plus en plus remises en cause par les acteurs locaux. L’une des solutions pourrait être alors la mise en place d’une politique étatique encore plus volontariste, sans appel d’offres mais avec plus de subventions.
« Il faudrait aussi créer des unités de production en Afrique et développer les échanges dans la région et la sous-région », indique Diakité. Cependant, tout cela ne serait efficace que si d’autres conditions sont réunies : formation des paysans, meilleur accès au marché et à l’information (même à des milliers de kilomètres de la capitale), modernisation des techniques et mécanisation des exploitations… Le tout en prenant soin d’éviter les erreurs des pays industrialisés en matière d’environnement, notamment.

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