17/02/2010 à 12h:58 Par Jeune Afrique
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Le Premier ministre malien Modibo Sidibé, le 21 septembre 1999 à l'Onu à New York Le Premier ministre malien Modibo Sidibé, le 21 septembre 1999 à l'Onu à New York © AFP

"Qu'avons nous fait de nos cinquante ans?" La question semble être au coeur de la 10e édition du Forum de Bamako qui a ouvert ses portes le 16 février. Cette rencontre de décideurs et de spécialistes aborde cette année la question cruciale de la résolution des crises alimentaires dont le continent souffre régulièrement.

 "L'Afrique peut nourrir ses propres enfants", a affirmé le Premier ministre malien Modibo Sidibé, mardi 16 février, lors de son discours d'ouverture du Forum de Bamako. La 10e édition de cet événement, organisé par la Fondation du même nom (FFB, qui est elle-même une émanation de l'Institut des hautes études en management), soulève cette année la question du défi alimentaire.

Sur le thème, "L'Afrique 50 ans après: la faim sur le continent africain", des dizaines d'universitaires africains, européens, américains, ainsi que des décideurs publics et des spécialistes des questions de développement vont débattre et exposer leurs idées jusqu'au samedi 20 février.

 "Il n'y a pas de fatalité. Le capital humain est sans conteste le plus important du développement agricole", a ajouté le Premier ministre. Qui a également rappelé que la croissance démographique peut être source de richesses si elle est bien gérée.

Le facteur social et politique

"90% des enfants malnutris vivent en Asie et en Afrique. En 2050, il y a aura 9,1 milliards de personnes dans le monde et il va falloir augmenter de 70% la production agricole actuelle", a déclaré Alice Martin-Daihirou, la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM). Le défi est immense.

Pour y faire face, importer davantage de produits alimentaires n'est pas une option satisfaisante. D'autant que ce palliatif n'a pas empêché les émeutes de la faim auxquelles ont été confrontés des pays comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou le Sénégal en 2008. Une situation qui risque fortement de se reproduire en 2010.

Par ailleurs, le difficile contexte politique et social de certains pays du continent ne fait qu'aggraver les pénuries alimentaires qui les frappent. Au Zimbabwe, l'embargo instauré par l'Union européenne (UE) et par les Etats-Unis contribue à plonger la population dans une pauvreté extrême, alors que la situation du pays n'était déjà pas brillante. Depuis la réforme agraire initiée par le président Robert Mugabe en 2000, la production agricole du pays a dramatiquement chuté.

En 2009, le Kenya a lui aussi été victime d'une grave pénurie alimentaire. L'ONU a dû organiser une collecte de fonds pour tenter de venir en aide aux 10 millions de victimes d'une famine potentielle provoquée par des raisons climatiques autant que politiques.

Pour améliorer le sort des populations, une seule solution: un sursaut des décideurs africains que le Forum de Bamako se propose de favoriser. "La révolution verte exige une grande solidarité (. . .). Nos dirigeants, nos élites doivent réagir", a lancé Abdoulah Coulibaly, vice-président du FFB.
 

 

 

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