13/02/2010 à 21h:57 Par Baudelaire Mieu, à Abidjan
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Alphonse Djédjé Mady (RHDP) et Henri Konan Bédié (PDCI) Alphonse Djédjé Mady (RHDP) et Henri Konan Bédié (PDCI) © AFP

Pour l'opposition ivoirienne, la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante, le 12 février, constitue "un véritable coup d'Etat", selon une déclaration lue par Alphonse Djédjé Mady, président du directoire du RHDP. Le camp présidentiel se contente de réaffirmer "son attachement à l'accord de Ouagadougou".

Annoncée par un discours du président Laurent Gbagbo à la télévision nationale, la double dissolution est "antidémocratique et anticonstitutionnelle" et "constitue un véritable coup d'Etat", a accusé l'opposition réunie dans le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), selon une déclaration lue à Abidjan par le président du directoire, M. Alphonse Djédjé Mady. Celui-ci accuse le chef de l'Etat de vouloir "confisquer le processus électoral."
En conséquence, le RHDP "ne reconnaît plus Monsieur Laurent Gbagbo comme le Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire. Le RHDP déclare nulles et de nuls effets les décisions de dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et du gouvernement. Le RHDP ne reconnaîtra ni la nouvelle CEI, ni le nouveau gouvernement en formation. »
Enfin, l'opposition "appelle les Ivoiriennes et Ivoiriens, les forces politiques et sociales, la société civile, les travailleurs de Côte d'Ivoire, les opérateurs économiques à se mobiliser et à s'opposer par tout moyen à cette dictature".
"Vide institutionnel, administratif et politique"
La Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) a elle aussi réagi à la double dissolution, en condamnant "un vide institutionnel, administratif et politique qui fragilise davantage la Côte d’Ivoire." Elle "proteste vigoureusement contre cette mesure abusive" et "s’interroge sur la pertinence de l’invocation de l’article 48 de la Constitution comme base juridique de la dissolution d’une institution républicaine telle que la CEI.
Toutefois, elle préconise, comme le camp Gbagbo, la mise en place d’un gouvernement restreint de 20 membres « dont la principale mission sera d’accélérer le processus de sortie de crise en cours sans compromettre les acquis ».  Elle recommande aussi d’intégrer la société civile au sein d’une CEI reconstituée.
De son côté, le directeur de cabinet de la Direction nationale de campagne du président Gbagbo, Alphonse Voho Sahi, a détaillé les motivations de son patron. «  Le chef de l’Etat a réaffirmé dans son adresse à la nation son attachement à l’Accord politique de Ouagadougou auquel il souhaite donner une nouvelle impulsion. Car, dans son application quotidienne, ce processus de paix est pris en otage par les politiques qui ne permettent pas aux institutions d’avancer correctement dans sa mise en œuvre", a-t-il déclaré.
Alphonse Voho Sahi a également précisé les contours et les objectifs du futur gouvernement. Celui-ci devrait avoir "pour principale mission de travailler à l’organisation rapide des élections. Ce sera un gouvernement de mission, d’un maximum de 15 membres(...). Nous sommes heureux de la reconduction du Premier ministre, Guillaume Soro, auquel le président a renouvelé sa confiance »
Enfin, pour Liliana Lombardo, chargée de mission à la présidence et amie du couple présidentiel, « la situation ne pouvait plus durer. (...) Ce gouvernement de Marcoussis était un puits de magouilles, d'enrichissements personnels au détriment du pays et du peuple, précise t-elle. Il était temps de donner un coup de pied dans la termitière de l'égoïsme humain ! Laurent Gbagbo l’a fait. Tant mieux. Augurons maintenant que le changement sera bénéfique et que l'on ira à des élections propres et loyales dans la sécurité retrouvée. ”
 
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, s'est entretenu samedi à Abidjan de la crise au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de l'organisation régionale[...]

Côte d'Ivoire : la défense de Gbagbo conteste la compétence de la CPI

La défense de Laurent Gbagbo a contesté la compétence de la CPI pour juger l’ancien président de la Côte d’Ivoire.[...]

Côte d'Ivoire : toute l'enquête sur le nouveau scandale des déchets toxiques

En 2006, l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan avait failli emporter le gouvernement. Six ans plus tard, trois personnalités sont montrées du doigt. Elles sont[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Côte d'Ivoire : Michel Gbagbo, fils du président déchu, est un "prisonnier d'opinion" selon sa mère

Le fils de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, Michel Gbabgo, est un "prisonnier d’opinion", selon sa mère, la Française Jacqueline Chamois. Celle-ci demande "un rapatriement[...]

Côte d'Ivoire : le scandale des déchets toxiques emporte le ministre Adama Bictogo

Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo, a été limogé mardi 22 mai. Son départ du gouvernement fait suite au nouveau scandale des déchets toxiques. [...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

Côte d'Ivoire : déchets toxiques, le nouveau scandale

Dans son numéro 2680, en kiosque du 20 au 26 mai 2012, "Jeune Afrique" enquête sur les suites de l’affaire Trafigura, du nom de la société néerlandaise affréteuse[...]

Guinée-Bissau : petit pays, grandes manoeuvres

La Cedeao, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, goûtait peu la percée angolaise dans la région. Elle pourrait finir par s'accommoder du putsch du 12 avril  en[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers