Extension Factory Builder
12/02/2010 à 13h:36
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président ivoirien Laurent Gbagbo, le 13 janvier 2010 à Yamoussoukro Le président ivoirien Laurent Gbagbo, le 13 janvier 2010 à Yamoussoukro © AFP

Ayant appris le blocage des négociations à Ouagadougou jeudi 11 février, le président ivoirien Laurent Gbagbo a téléphoné à son homologue burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise. Lors de leur conversation, il a menacé de dissoudre le gouvernement, a appris Jeune Afrique.

Le chef de l’Etat ivoirien aurait pour cela recours à l’article 48, qui lui donne le droit de prendre des « mesures exceptionnelles » 1.

Dissolution possible de la Commission électorale indépendante

Selon de bonnes sources, à Ouagadougou et à Abidjan, Laurent Gbagbo pourrait aussi annoncer la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Si le président mettait sa menace à exécution, le processus électoral serait suspendu et la paix compromise.

La dernière rencontre de Ouagadougou avait pour principal objet de résoudre le différent entre le camp présidentiel d’un côté et la CEI et l’opposition de l’autre. Soutenu par le Rassemblement des Houphouétistes (RHDP), - composé principalement du Rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) - le président de la CEI, Robert Beugré Mambé, a refusé de démissionner.

Incidents en province

Celui-ci est accusé depuis plusieurs semaines par le pouvoir d’avoir tenté d’introduire frauduleusement sur la liste électorale quelque 429 000 noms. De son côté, le Front populaire ivoirien (FPI), le parti du chef de l’Etat, a lancé des procédures judiciaires pour rayer de la liste des électeurs à la « nationalité douteuse ». Plusieurs incidents, incluant des dizaines de blessés et l’incendie de bâtiments publics, ont éclaté en province.

Le gouvernement actuel est le fruit d’un compromis entre le président Gbagbo, l’ex-rébellion et l’opposition. Il est dirigé par l’ancien chef de la rébellion, Guillaume Soro depuis avril 2007. Il a pour mission essentielle de conduire le pays à des élections libres et transparentes tout en assurant la réunification du pays.

La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis l’émergence de la rébellion en novembre 2002. Le Nord du pays est toujours tenu par les anciens rebelles, malgré le début du redéploiement de l’administration centrale sur l’ensemble du territoire.

La menace de dissolution du gouvernement est-elle un coup de bluff de la part de Laurent Gbagbo ? En tout cas, les Burkinabè prennent la menace de Laurent Gbagbo très au sérieux.

(1) Article 48 de la Constitution ivoirienne : « Lorsque les Institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exceptionnelles exigées par ces circonstances après consultation obligatoire du Président de l'Assemblée nationale et de celui du Conseil constitutionnel. Il en informe la Nation par message. L'Assemblée nationale se réunit de plein droit. »

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Unesco : libres comme l'air avec le passeport universel

Unesco : libres comme l'air avec le passeport universel

Plusieurs personnalités se voient remettre, le 23 mai, un passeport universel au siège de l'Unesco, à Paris. Le document n'est reconnu que par un seul État, mais c'est l'idée qui compte : faire c[...]

Droits de l'homme : portrait d'une Afrique très contrastée

Du Mali à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et la RDC, les droits de l’homme ont souffert sur le continent africain en 2012. Mais au-delà de dégradations liées[...]

Côte d'Ivoire : Aïchatou Mindaoudou, une femme d'influence à la tête de l'Onuci

L’ancienne ministre nigérienne, Aïchatou Mindaoudou, a été nommée, samedi 18 mai, représentante spéciale de l’ONU en Côte d’Ivoire. Elle succède au[...]

Top chefs : cuisiniers hors pair pour présidents africains

D'eux, on sait peu de chose. La discrétion fait partie du contrat... Question de sécurité. Leur rôle, pourtant, est essentiel. Rencontre avec ces cuisiniers hors pair qui s'activent[...]

Côte d'Ivoire : arrêté dans l'Ouest, Amadé Ouérémi va être transféré à Abidjan

Arrêté samedi 18 mai dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, le chef de milice Amadé Ouérémi a été emmené à Duékoué. Il doit être[...]

Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara face au malaise étudiant

Jeudi 16 mai, le campus de l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a été le théâtre de violentes bagarres. Lundi, le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima[...]

Houphouëtisme : les débris d'un héritage

Alors que les politiciens ivoiriens pensent déjà à la présidentielle 2015, qui fait le plus honneur à la mémoire de Félix Houphouët-Boigny ? Les tiraillements se confirment[...]

Côte d'Ivoire : Guoji construira 10 000 logements sociaux

À l'occasion de la visite de son patron à Abidjan, le groupe chinois Henan Guoji Construction Group vient d'annoncer la construction de 10 000 logements sociaux, soit un investissement de 1 milliard de dollars [...]

Football : traité de singe, Didier Drogba répond aux supporteurs de Fenerbahçe

Dimanche 12 mai, lors du derby opposant leur équipe de Galatasaray à Fenerbahçe, les deux Ivoiriens Didier Drogba et Emmanuel Éboué ont subi de nombreux gestes et insultes racistes de la part des[...]

France - Côte d'Ivoire : Guéant et l'affaire du tableau offert par Ouattara

Claude Guéant, l'ex-ministre français de l'Intérieur et bras droit de Nicolas Sarkozy, a conservé une œuvre offerte en 2011 par le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers