Extension Factory Builder
06/02/2010 à 10:18
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Manifestation au Sénégal en 2007 Manifestation au Sénégal en 2007 © AFP

Pour faire reculer l'excision, de plus en plus d’Etats africains répriment pénalement cette pratique traditionnelle, parfois mortelle. Seulement, les adeptes des mutilations génitales féminines trouvent des stratagèmes pour contourner la loi. Eclairage à l’occasion de la Journée mondiale contre ces mutilations, le 6 février.

Réprimer pénalement les auteurs ou complices de mutilations génitales féminines (MGF) se révèle-t-il pire que le mal ? Depuis 1996 au Burkina Faso, bon élève de la lutte contre les MGF, les exciseuses sont passibles de trois ans de prison et de 900 000 FCFA d’amende (environ 1 371 euros). Par ailleurs, tout complice s’expose à une sanction pécuniaire de 100 000 FCFA.

Le Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE) estime que près de la moitié des filles burkinabè nées en 1988 ont été excisées, contre seulement 5% en 2002 et 3 % aujourd'hui.

Problème, les familles attachées aux mutilations génitales, notamment considérées comme un préalable au mariage, se retranchent dans la clandestinité. Par souci de discrétion et peur de la délation, les fillettes sont « coupées » à la va-vite et sont ainsi plus susceptibles de faire une hémorragie ou une infection mortelles.

Excision transfrontalière

Autre stratégie pour contourner la répression : faire « couper » sa fille dans un pays voisin. Les mères s’y rendent avec leur fille sous le couvert d’une visite à un cousin. Parfois, ce sont des groupes de fillettes que l’on convoie.

Parmi les pays privilégiés figure la Côte d’Ivoire en raison de l’instabilité politique. En effet, après la tentative ratée de coup d’Etat de 2002, certains acteurs de terrain ont constaté que la loi contre l’excision était moins appliquée dans le Nord du pays. Du coup, les partisans de l’excision soumettaient leur enfant à une MGF sans crainte d'être pénalisés. Même tendance vers le Mali, mais pour d’autres raisons : le pays ne criminalise pas la pratique.

Harmoniser la répression

Pour mettre fin à l’impunité, le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo se sont fixés pour objectif l’éradication de la « délocalisation de l’excision » d’ici 2015. Pour cela, il faut au minimum que tous les Etats de la région interdisent la coutume. Et donc convaincre le Mali, le Bénin et le Niger de pénaliser spécifiquement l’excision.

Or, si la sensibilisation bat son plein sur les conséquences néfastes des MGF (incontinence urinaire et/ou fécale, rapports sexuels douloureux voire impossibles, accouchement dangereux pour la mère et le bébé…), les populations restent encore très attachées à la tradition. Les décideurs prendront-ils le risque de s’y opposer ?

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

OIF - Succession de Diouf : l'Afrique parlera-t-elle d'une seule voix ?

OIF - Succession de Diouf : l'Afrique parlera-t-elle d'une seule voix ?

Une réunion de la dernière chance pourrait avoir lieu avant le huis-clos des chefs d'État, dimanche. Objectif : arriver à dégager un consensus sur une candidature africaine à la succession[...]

Sondage : qui est l'Africain de l'année 2014 ?

En cette fin d'année 2014, Jeune Afrique vous propose d'élire l'Africain de ces onze derniers mois. Nous avons sélectionné 17 candidats qui se sont illustrés dans des domaines aussi variés[...]

Jumia lève 120 millions d'euros

 En perte, le jeune site de commerce en ligne panafricain se renfloue auprès de ses actionnaires, dont MTN et Millicom, pour poursuivre sa croissance intensive.[...]

Le Maroc hôte du deuxième Forum mondial des droits de l'homme

Du 27 au 30 novembre, le Maroc organise le Forum mondial des droits de l'homme. Un événement chargé de symboles pour un pays qui sort d'un passé marqué par de nombreuses violations des droits[...]

Football : les fédérations d'Afrique australe boudent le Maroc

Dans un communiqué publié le 22 novembre, les fédérations d'Afrique australe expliquent qu'elles déclinent l'invitation de Rabat à venir assister, en décembre, à la Coupe du[...]

Photographie : l'Afrique sans fard

Affranchi des stéréotypes, le continent se raconte au festival de Lagos. Un rendez-vous international où se croisent les regards d'artistes nigérians et étrangers.[...]

Ebola : des artistes français s'emparent du misérabiliste "Do they know it's Christmas ?"

Après le désastreux "Do they know it’s Christmas ?" du collectif Band Aid (Bob Geldof, Bono), Carla Bruni, Joey Starr et d'autres artistes français s'apprêtent à leur[...]

Une pêche durable est essentielle pour la sécurité alimentaire en Afrique

Catherine Novelli est sous-secrétaire d'État américaine pour la Croissance économique, l'Énergie et l'Environnement.[...]

Ces avocats qui ont marqué 2014

 Pour la troisième année consécutive, "Jeune Afrique" dresse la liste des avocats d'affaires qui ont marqué l'actualité économique récente en Afrique francophone.[...]

Lutte conte Ebola : qui donne, combien et à qui ?

Depuis le mois de mars, le virus Ebola a déjà fait officiellement plus de 5 400 morts en Afrique de l'Ouest. Qui, à travers le monde, se mobilise financièrement pour stopper l'épidémie ?[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces