28/01/2010 à 12h:28 Par Elise Colette, envoyée spéciale à Addis-Abeba
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Le président de la Commission de l'UA, à l'hôtel Prince de Galles, à Paris, le 14 janvier Le président de la Commission de l'UA, à l'hôtel Prince de Galles, à Paris, le 14 janvier © Vincent Fournier/JA

Le président de la Commission de l'Union africaine (CUA) a ouvert, le 28 janvier à Addis-Abeba, les travaux des ministres des Affaires étrangères, dans le cadre du sommet biannuel de l'organisation.

La 16è session du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA) s'est ouverte ce jeudi 28 janvier, au siège de l'organisation, à Addis-Abeba. Les ministres des Affaires étrangères d'un bon nombre de pays africains se réunissent dans la capitale éthiopienne, trois jours avant l'arrivée des chefs d'Etat pour leur conférence, du 31 janvier au 2 février.

Lors de son allocution d'ouverture, le président de la Commission de l'Union africaine (CUA), le Gabonais Jean Ping, a donné le ton d'une conférence qui s'annonce sous des auspices plutôt sombres.

"L'Afrique n'a pas été épargnée"

Après avoir demandé à l'assemblée une minute de silence en mémoire des victimes du crash de l'avion d'Ethiopian Airlines au large de Beyrouth, ainsi que des civils somaliens et des soldats de la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) tués le 25 janvier, Jean Ping a entamé son discours en évoquant une "annus horribilis" pour le monde entier, dans un contexte de récession généralisée. "L'Afrique n'a pas été épargnée", a-t-il affirmé.

Il a ensuite passé en revue les situations de crise sur le continent et fait le bilan des six derniers mois.

Au titre des améliorations, il a cité la préparation des élections générales au Burundi, l'accalmie en Centrafrique (même si l'opération de démobilisation, désarmement et réinsertion n'a pas encore débuté), le rétablissement de la légalité en Guinée Bissau, la stabilité aux Comores (en soulignant la nécessité d'organiser des élections) et les progrès réalisés en République démocratique du Congo dans le cadre des Accords de Goma de mars 2009.

Au titre des inquiétudes, celui qui rappelle fréquemment qu'il a eu à gérer plusieurs coups d'Etat en six mois a souligné les situations critiques au Niger, ainsi qu'en Guinée et à Madagascar – deux pays suspendus de l'organisation. Les deux chefs d'Etat ne siégeront donc pas aux côtés de leurs homologues, mais des délégations sont néanmoins attendues à Addis-Abeba.

Jean Ping a terminé la revue des crises politiques du continent en détaillant la précarité de la présence de l'UA en Somalie et en appelant la communauté internationale à se mobiliser.

Kaddafi au coeur des discussions

"Cette rapide présentation, a conclu Jean Ping, donne l'ampleur de ce qui se profile pour le continent si rien n'est fait et souligne dramatiquement l'urgence de la situation."

L'inquiétude sur les situations de crise s'est également fait sentir dans le discours de Moussa Koussa, président de séance. Le "ministre des Affaires étrangères" libyen a, en outre, précisé qu'à l'ordre du jour des discussions des ministres figurerait l'épineuse question budgétaire de l'Union. Puis celle de la transformation de la Commission de l'UA en "Autorité", dont le principe avait été acté lors du dernier sommet des chefs d'Etat à Syrte, en juillet 2009, mais dont les contours restent flous. C'était Mouammar Kaddafi, président en exercice de l'UA, qui avait mis le sujet au cœur des discussions.

Et c'est justement le nom du guide libyen qui est – une fois encore – sur toutes les lèvres. Sa tente n'a pas encore été installée dans les jardins de l'Hôtel Sheraton d'Addis que les couloirs de l'UA bruissent déjà de la question lancinante : "Partira ? Partira pas ?" Censé laisser la présidence en exercice au Malawite Bingu Wa Mutharika (qui a été désigné par la Communauté des Etats d'Afrique australe - SADC), il semble faire campagne depuis plusieurs semaines pour conserver le "trône". Verdict d'ici la fin du sommet, prévue le 2 février.

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