10/01/2010 à 20h:54 Par Jeune Afrique
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Quelques minutes après le drame (capture d'images diffusées par la Télévision publique d'Angola) Quelques minutes après le drame (capture d'images diffusées par la Télévision publique d'Angola) © TPA

C'est officiel: le Togo a officiellement quitté la Coupe d'Afrique des nations (CAN) après que le car de l'équipe nationale a été mitraillé dans le Nord de l'Angola, le vendredi 8 janvier. Le drame n'a cependant pas affecté le déroulement de la compétition qui a commencé ce dimanche 10 janvier par le match Angola-Mali (4-4). Retour sur un week-end traumatisant pour les Eperviers.

Le Togo a quitté dimanche 10 janvier la Coupe d'Afrique des nations (CAN-2010), après le mitraillage de son bus qui a fait au moins deux morts vendredi dans l'enclave de Cabinda, a indiqué la Confédération africaine de football (CAF).

La CAF a eu beau essayer de convaincre les autorités angolaises de laisser les joueurs choisir entre participer ou non à la compétition, rien n'y a fait : les Eperviers doivent rejoindre Lomé. La CAF a annoncé officiellement que le Togo renonçait à participer à la CAN. Les joueurs et le staff technique devaient embarquer dimanche soir 1O janvier dans un avion présidentiel mis à leur disposition.

Entre le mitraillage de son bus vendredi et son départ de la Coupe d'Afrique des nations dimanche soir, la délégation togolaise a vécu 48 heures entre drame, pleurs, volte-face et doutes sur sa participation à la CAN-2010.

. Le drame. Le convoi de la délégation du Togo est mitraillé vendredi en début d'après-midi pendant 20 minutes lors du franchissement de la frontière entre le Congo-Brazzaville et l'Angola, dans l'enclave de Cabinda, riche en pétrole, théâtre de troubles indépendantistes depuis l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise en 1975. Ce sont les joueurs des "Eperviers" qui téléphonent à leurs proches ou relations et répandent les premiers la nouvelle à travers le monde. Les joueurs parlent d'horreur", de "sang" et de plusieurs blessés.

. La revendication. L'attaque est revendiquée vendredi soir par les Forces de libération de l'Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), groupe né en 2003 d'une dissidence du principal mouvement séparatiste, le Front de libération de l'enclave du Cabinda (Flec).
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Envie de partir. "Si on peut boycotter la CAN, autant le faire, confie le milieu Alaixys Romao (Grenoble/FRA) vendredi soir. Si on peut annuler tous les matches, pourquoi pas. On ne pense qu'à rentrer à la maison".

Un premier bilan fait état de deux joueurs touchés Serge Akakpo et Kodjovi Obilalé parmi les neuf blessés de la délégation togolaise.

Une information (démentie depuis) fait état de la mort du chauffeur d'un bus. La télévision angolaise diffuse les images d'Emmanuel Adebayor en pleurs devant ses coéquipiers sous le choc devant l'hôpital de Cabinda où des civières étaient amenées.

. Deux morts dans la délégation.
Samedi matin, le premier bilan officiel tombe: le mitraillage a fait deux morts dans la délégation togolaise, le chargé de communication Stanislas Ocloo et l'entraîneur-adjoint Abalo Amelete qui ont succombé à leurs blessures à l'aube. Il n'est plus question du chauffeur du bus, sur lequel des informations contradictoires circulent.
Le gardien de but Kodjovi Obilalé, blessé par balles aux reins et à l'abdomen, est transporté en Afrique du Sud et opéré samedi en fin d'après-midi à Johannesburg.

. Le Togo rappelle ses Eperviers.
Le gouvernement togolais rappelle sa sélection samedi soir. "Nous ne pouvons pas continuer dans cette circonstance de drame la compétition de la CAN", déclare à 17h30 GMT à Lomé le porte-parole du gouvernement Pascal Bodjona. Le sélectionneur du Togo, Hubert Velud, lance alors: "On part dimanche matin, mais on ne sait pas encore à quelle heure". La CAF autorise le Togo à partir, mais indique ne pas avoir reçu de demande officielle.

. Volte-face. Les joueurs, qui avaient exprimé leur désir de quitter l'Angola, décident dans la nuit de samedi à dimanche de participer à la CAN. "En mémoire de ses disparus, l'équipe nationale a décidé de participer à la CAN, déclare l'attaquant Thomas Dossevi. On a tous très mal au coeur, ce n'est plus une fête, mais nous avons envie de montrer nos couleurs, nos valeurs et que nous sommes des hommes".
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. L'Etat togolais réclame encore ses joueurs. "La délégation togolaise est attendue ce jour à Lomé", assure dimanche matin le Premier ministre togolais Gilbert Fossoun Houngbo. Un avion est dépêché pour les rapatrier. Des tractations s'engagent alors avec la Confédération africaine et les autorités angolaises. L'incertitude est totale. "Pour l'instant, on s'oriente vers un départ. Mais je ne peux parler qu'au conditionnel car depuis trois-quatre jours tout change toutes les deux heures", résume en milieu d'après-midi le sélectionneur français Hubert Velud.

. Direction l'aéroport. Dimanche soir (18h30 GMT), un bus rideaux tirés quitte le camp de base de Cabinda sous haute protection policière, direction l'aéroport. Les joueurs togolais se rangent derrière leur gouvernement et quittent la Coupe d'Afrique des nations.
 

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