08/01/2010 à 18h:15 Par Jeune Afrique
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La participation à la CAN 2010 des Eperviers d'Emmanuel Adebayor est annulée La participation à la CAN 2010 des Eperviers d'Emmanuel Adebayor est annulée © DR

Les deux cars des joueurs togolais ont été mitraillés le vendredi 8 janvier à leur arrivée en Angola pour la Coupe d’Afrique des Nations. Le bilan serait d'au moins deux morts et neuf blessés.

Mis à jour le samedi 9 janvier 2010 à 23h05

Les deux cars transportant les joueurs de la sélection togolaise de football, qui se rendaient à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ont été mitraillés par des rebelles alors qu’ils passaient la frontière entre le Congo-Brazzaville et l’Angola.

Le bilan est lourd: au moins deux morts - l'entraîneur adjoint, Abalo Amelete, le chargé de communication, Stanislas Ocloo - et 9 blessés, dont 2 joueurs très gravement, le défenseur Serge Akakpo et le gardien Kodjovi Obilalé, qui est arrivé à johannesburg dans la soirée du 9 janvier et serait dans un état stable.

"Le chargé de communication Stanislas Ocloo et l'entraîneur adjoint Abalo Amelete ont rendu l'âme à quatre heures au petit matin", a dit Kodjo Samlan, chargé de presse pour le Togo par la CAF (Confédération africaine) et arrivé samedi matin à Cabinda avec la délégation de la CAF.

Le samedi 9 janvier, vers midi, l'équipe des Eperviers a décidé de se retirer de la compétiton et de rentrer au Togo. Une information confirmée en fin d'après-midi par Pascal Bodjona, ministre de l'Administration territoriale et porte-parole du gouvernement togolais, qui a déclaré que le Togo se retirait officiellement  de la compétition. Un avion devrait arriver dans la soirée à Cabinda pour rapatrier les joueurs togolais en état de choc.

Témoignages sur le drame.

"On a pris une rafale à l'avant du bus"

"On a été mitraillé à la sortie du Congo, on a reçu des balles, on rentrait dans l'Angola, on a pris une rafale à l'avant du bus et on s'est tous couchés, a expliqué Dossevi à l'AFP quelques minutes après l'attaque. Il y a deux joueurs blessés."

"Un a pris une balle dans le dos, un autre dans les reins, a-t-il poursuivi. L'entraîneur des gardiens et le docteur ont été touchés. Certains sont gravement blessés. On n'a pas de nouvelles, ils sont dans un hôpital à Cabinda."

Interrogé par l'AFP, le Comité d'organisation de la CAN (COCAN) assurait qu'un pneu du bus avait éclaté, déclenchant un mouvement de panique.

"C'est un scandale de dire ça, on a vraiment été mitraillés, si on avait pu prendre des photos, des images, ce serait déjà sur internet", s'est emporté Dossevi.

"On avait rempli les formalités, avait précisé plus tôt Dossevi sur Infosport. On était encadré par la police. Tout était clean. Il y a eu un mitraillage puissant. La police a riposté."

Kodjovi Obilalé particulièrement touché

"On se serait cru à la guerre, avait confié Dossevi sur Infosport. On est choqué. Quand on sort du bus, on se dit "pourquoi nous?" On n'a pas beaucoup envie de jouer la CAN. On pense aux copains, aux joueurs blessés."

"On n'a pas de nouvelles" d'Obilalé, "il saignait beaucoup, a-t-il ajouté à la télévision. "Prendre des balles pour un match de foot, c'est dégueulasse", a insisté Dossevi.

La sélection togolaise était pourtant escortée par les autorités togolaises. L'équipe venait du Congo-Brazzaville, où elle avait effectué un stage de préparation, et venait de pénétrer dans l’enclave de Cabinda pour y disputer les premières rencontres de la CAN.

Ce territoire, détaché du reste de l’Angola et enclavé entre la RD Congo et le Congo-Brazzaville, connaît des violences séparatistes depuis l’indépendance de l’Angola en 1975.

Le Togo devait jouer son premier match à Cabinda lundi 11 janvier face au Ghana. C'est aussi dans cette enclave que plusieurs matchs du Groupe B (dont la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso font aussi partie) doivent avoir lieu, ainsi que l'un des quarts de finale de la compétition. (Avec agences)

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