16/12/2009 à 18h:52 Par Pierre-François Naudé
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Idriss Déby Itno, François Bozizé, Nicolas Sarkozy et Denis Sassou Nguesso à l'Elysée. Idriss Déby Itno, François Bozizé, Nicolas Sarkozy et Denis Sassou Nguesso à l'Elysée. © AFP

Après avoir reçu le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le 15 décembre, le président français Nicolas Sarkozy recevait le lendemain cinq chefs d'Etat d'Afrique centrale. Au menu: crédits carbone, lutte contre la déforestation et... 10 milliards de dollars.

Le réchauffement climatique peut avoir des effets bénéfiques. Notamment sur les relations France-Afrique. La conférence de Copenhague est ainsi devenue l’occasion pour Nicolas Sarkozy de se rapprocher de certains grands du continent.

Cinq chefs d'Etat à table

Après avoir accueilli Meles Zenawi, Premier ministre éthiopien et porte-parole de l’Afrique dans les négociations climatiques, le 15 décembre, le président français recevait le lendemain cinq chefs d’État d’Afrique centrale pour discuter carbone et déforestation.

À la table de la conférence de presse qui a suivi le « déjeuner de travail » élyséen, on pouvait voir, côte à côte et entourant Nicolas Sarkozy, les présidents Denis Sassou Nguesso (Congo), Paul Biya (Cameroun), Idriss Déby Itno (Tchad) et François Bozizé (Centrafrique). Seul absent : Ali Bongo (Gabon), qui apparemment ne souhaitait pas se plier au jeu des questions-réponses avec les journalistes.

« L’Afrique peut être une partie de la solution »

Mais les chefs d’État ne se sont pas montrés très loquaces. Nicolas Sarkozy a souligné que ses « amis africains ont été déçus par des promesses qui n’ont pas été tenues par le passé » et affirmé qu’« au fond, l’Europe et l’Afrique, c’est la même famille ».

Quant à Denis Sassou Nguesso, il a insisté sur l’optimisme africain. « On a souvent dit que l’Afrique, c’est le problème. C’est sûrement vrai mais, pour une fois, l’Afrique peut être une partie de la solution », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que les Africains n’allaient pas à Copenhague « avec le sentiment de l’échec ».

De son côté, Idriss Déby Itno a tenu à souligner le rôle de son pays comme « barrière contre l’avancée du Sahara vers l’Afrique subsaharienne ». François Bozizé a insisté sur l’importance de l’appui français aux pays africains. Et enfin, Paul Biya s’est borné à des remerciements en bonne et due forme envers son hôte.

Fast start de 10 milliards de dollars

Seule nouveauté, le président français a évoqué le besoin de renforcer la Commission des Forêts d’Afrique centrale (COMIFAC). « La France va orienter des fonds de l’aide au développement et de l’AFD vers cet organisme qui pourrait placer le Lac Tchad parmi ses priorités », a-t-il précisé.

Mais en réalité, l’opération médiatique de l’Élysée visait avant tout à promouvoir le plan franco-britannique fast start, approuvé la veille par Meles Zenawi. Celui-ci prévoit une aide de 10 milliards de dollars sur trois ans: 2010, 2011 et 2012. Une somme qui devrait passer à 50 milliards par an en 2015, puis 100 milliards à une date non définie. Pour l’instant, seule l’Europe s’est engagée à payer... 2,5 milliards de dollars.
 

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